L'Établissement français du sang (EFS) a été la cible d'une cyberattaque visant ses systèmes de pilotage frigorifique sur trois sites distincts. Cette intrusion, qui a tenté de dérégler les températures de conservation des produits sanguins, soulève des inquiétudes sur la vulnérabilité des infrastructures critiques face aux menaces numériques.
Un sabotage technique des chaînes de froid
L'attaque, survenue le 3 novembre, a exploité une faille au niveau d'un prestataire externe chargé de l'équipement frigorifique de l'EFS. Les pirates ont pris le contrôle à distance des systèmes de supervision pour modifier les paramètres de température et de dégivrage. Selon des informations rapportées, les chambres froides, normalement maintenues à -30°C pour garantir l'intégrité des produits sanguins et des échantillons biologiques, ont vu leurs seuils programmés pour atteindre des niveaux critiques allant jusqu'à 110°C.
Réponse opérationnelle et continuité des soins
Malgré la gravité de l'intrusion, l'EFS a affirmé que la situation est sous contrôle. Les dispositifs de surveillance et les systèmes d'alerte internes ont permis aux équipes techniques d'identifier les anomalies avant que les produits ne subissent une altération. L'établissement a confirmé qu'aucune perte de stock n'est à déplorer et que les activités de prélèvement ainsi que la distribution vers les établissements de santé se poursuivent normalement. L'Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information (ANSSI) a été saisie pour mener l'enquête sur cette compromission.
Une menace persistante sur les systèmes connectés
Cet incident s'inscrit dans une série de cyberattaques visant des équipements frigorifiques connectés en Europe. Le mode opératoire rappelle celui observé mi-octobre contre plusieurs enseignes de la grande distribution française, où des vulnérabilités logicielles avaient été exploitées pour saboter les infrastructures de stockage alimentaire. Ces événements successifs mettent en lumière les risques accrus pesant sur les réseaux numériques industriels, où la sécurité des logiciels de pilotage devient un enjeu majeur pour la continuité des services essentiels à la population.