L'Eswatini rejette les mises en garde sécuritaires de Pékin sur fond de tensions diplomatiques persistantes

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 28 lectures
L'Eswatini rejette les mises en garde sécuritaires de Pékin sur fond de tensions diplomatiques persistantes

Le gouvernement de l'Eswatini a officiellement contesté l'évaluation sécuritaire avancée par Pékin, qui a récemment conseillé à ses ressortissants de quitter le royaume. Cette divergence d'analyse intervient dans un contexte diplomatique tendu, Mbabane demeurant le dernier État africain à entretenir des relations officielles avec Taïwan.

Une divergence sur la situation sécuritaire

La controverse a été déclenchée par une consigne des autorités chinoises recommandant à leurs citoyens et institutions de quitter l'Eswatini ou de se déplacer vers des zones sécurisées. Pékin justifie cette mesure par une recrudescence de la cybercriminalité, des jeux d'argent en ligne et des risques pour l'ordre public. En réponse, la porte-parole par intérim du gouvernement eswatinien, Thabile Mdluli, a fermement rejeté l'idée d'une insécurité généralisée. Mbabane soutient que les récentes interventions policières contre des étrangers, incluant des ressortissants chinois, visaient précisément à démanteler des réseaux criminels, et non à démontrer une défaillance systémique de l'État.

L'exception diplomatique de l'Eswatini

Au-delà des enjeux de sécurité intérieure, cette passe d'armes s'inscrit dans un contentieux diplomatique de longue date. Depuis 1968, l'Eswatini maintient des liens officiels avec Taipei, faisant du royaume l'unique pays du continent à ne pas reconnaître la politique d'une seule Chine défendue par Pékin. Cette position isolée est régulièrement dénoncée par le ministère chinois des Affaires étrangères, qui considère Taïwan comme une partie intégrante de son territoire et voit dans cette alliance une anomalie diplomatique en Afrique.

Des pressions diplomatiques récurrentes

Les relations entre les deux capitales ont été marquées par plusieurs épisodes de tension, notamment au printemps 2026. Le déplacement du président taïwanais Lai Ching-te à Mbabane, en mai 2026, avait été précédé de difficultés logistiques liées à des autorisations de survol, que Taipei avait attribuées à des pressions exercées par Pékin. Si la Chine présente son avertissement actuel comme une mesure de protection consulaire, le gouvernement eswatinien réaffirme sa souveraineté en matière de politique étrangère. Pour Mbabane, la priorité demeure le maintien de ses choix diplomatiques historiques, malgré les pressions croissantes exercées par Pékin pour faire basculer le royaume dans son giron diplomatique.

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