L'essor des rackets de protection menace la sécurité des commerçants étrangers en Afrique du Sud

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 35 lectures
L'essor des rackets de protection menace la sécurité des commerçants étrangers en Afrique du Sud

Une vague d'extorsions violentes frappe les commerces tenus par des ressortissants étrangers en Afrique du Sud, particulièrement dans la province du Cap-Occidental. Ce phénomène, qui dépasse le cadre des tensions xénophobes, fragilise l'activité économique locale et soulève des inquiétudes profondes sur l'efficacité des mécanismes de protection des citoyens et des entrepreneurs.

Un système de racket structuré et prédateur

Les réseaux criminels ont systématisé le prélèvement de « frais de protection » auprès des épiceries de quartier, souvent appelées spaza shops. Ces bandes organisées utilisent des méthodes d'intimidation allant de la remise de lettres de menaces à des actes de violence physique extrême. Dans certains cas, les extorqueurs vont jusqu'à exiger des relevés bancaires pour ajuster le montant du racket aux revenus réels des commerçants. Cette économie de la peur ne se limite plus aux seuls commerces de détail : elle s'étend désormais à des secteurs variés, incluant la construction, les lieux de divertissement nocturne et même des institutions religieuses.

La vulnérabilité accrue des populations immigrées

Si les entrepreneurs locaux sont également touchés, les commerçants étrangers sont devenus des cibles privilégiées. Selon les autorités locales, cette vulnérabilité s'explique par une peur plus marquée des représailles et une méfiance envers les forces de l'ordre. La crainte que certains agents de police agissent comme informateurs pour les gangs dissuade les victimes de porter plainte. Cette situation crée un climat d'impunité où les différends commerciaux sont de plus en plus réglés par le recours à des « hommes de main à louer » plutôt que par le système judiciaire, jugé trop lent par certains acteurs économiques.

Une crise sécuritaire aux conséquences meurtrières

Les statistiques officielles illustrent l'ampleur du défi : la province du Cap-Occidental concentre près de la moitié des cas d'extorsion enregistrés à l'échelle nationale entre avril et juin. La violence associée à ces rackets a provoqué une hausse des homicides dans les épiceries de quartier, avec 30 meurtres recensés sur la même période dans cette seule province. Bien que la police tente d'établir des liens directs entre ces assassinats et les réseaux de racket, le ministre de la Police par intérim, Firoz Cachalia, a reconnu que les autorités peinent encore à endiguer cette explosion criminelle, soulignant l'urgence d'une réponse structurelle face à un phénomène qui, autrefois marginal, est devenu une menace systémique pour la sécurité publique.

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