Le boom de l'intelligence artificielle est devenu le moteur principal du commerce mondial des marchandises, contribuant à hauteur de 42 % à sa croissance en 2025. Toutefois, cette dynamique repose sur une base étroite, concentrée sur le matériel informatique, ce qui expose l'économie mondiale à des risques financiers significatifs en cas de retournement de la demande.
Une dépendance structurelle aux technologies
Selon le rapport 2026 de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED), le commerce mondial des biens et services a progressé de 4,4 % en 2025, avec une prévision de 4 % pour 2026. Cette expansion est largement portée par les composants liés à l'IA, tels que les serveurs et les puces avancées, qui représentent désormais un sixième de la valeur totale du commerce mondial des marchandises. La CNUCED alerte sur le fait qu'un ralentissement de la demande pour ce matériel pourrait priver l'économie mondiale de son principal levier de croissance actuel.
Risques de bulle et volatilité financière
L'institution met en garde contre des signes de surchauffe rappelant les bulles financières passées. La concentration extrême des investissements dans le développement de modèles d'IA et les infrastructures de calcul crée une vulnérabilité : une chute brutale des cours boursiers du secteur technologique pourrait déclencher des ventes massives et restreindre l'accès au crédit bien au-delà de la sphère numérique. Si les data centers stimulent l'activité économique, ils génèrent paradoxalement peu d'emplois directs, tempérant l'impact social de ces investissements massifs.
Géographie des flux d'investissements
Les investissements directs étrangers (IDE) ont rebondi à 1 600 milliards de dollars en 2025, marquant une hausse de 6 % après deux années de déclin. Cette reprise demeure toutefois inégale : les économies développées ont capté une hausse de 11 % des flux, contre seulement 2 % pour les pays en développement. Les États-Unis dominent largement le paysage, avec des investissements dans les data centers projetés à 400 milliards de dollars en 2026, puis 600 milliards en 2027. Si des pays comme le Kenya, l'Inde, le Brésil ou l'Indonésie bénéficient de cette dynamique, les flux mondiaux sont désormais dictés par la fragmentation géoéconomique et la compétition technologique, les capitaux se dirigeant prioritairement vers les infrastructures stratégiques plutôt que vers la rentabilité à court terme.