Le gouvernement espagnol a présenté un paquet de mesures visant à suspendre les expulsions locatives jusqu'en 2030, à instaurer le renouvellement automatique des baux et à restreindre l'achat de logements par les fonds d'investissement dits « vautours ». Ces initiatives, annoncées par la ministre de la Santé Mónica García Gómez, cherchent à endiguer une crise du logement qui alimente de fortes tensions sociales et des mobilisations citoyennes.
Suspension des expulsions et renouvellement automatique des baux
Le texte prévoit que, pendant les dix prochaines années, aucune expulsion de locataires ne pourra être exécutée, même en cas de non‑paiement du loyer. Parallèlement, les contrats de location seront reconduits automatiquement à leur terme, offrant ainsi une stabilité juridique aux occupants. Ces dispositions restent soumises à l'approbation du Parlement, où le gouvernement de Pedro Sánchez ne dispose pas d'une majorité claire.
Encadrement des locations saisonnières et interdiction des fonds spéculatifs
Le projet législatif vise également à limiter les locations de courte durée, notamment celles proposées par des plateformes comme Airbnb, ainsi qu'à interdire aux fonds d'investissement d’acquérir des biens résidentiels. Les autorités les accusent de contribuer à la hausse des loyers et à la réduction de l’offre de logements disponibles pour les résidents permanents.
Le « décret Maricarmen » et la mobilisation à Madrid
Le nom du dispositif, « décret Maricarmen », fait référence à une octogénaire expulsée de son appartement après sept décennies d’occupation, suite à son rachat par une société immobilière. Cette éviction a déclenché une vague d’indignation, avec des centaines de manifestants qui occupent la Puerta del Sol, cœur touristique de Madrid, pour réclamer une législation plus protectrice. Le syndicat des locataires a mis en avant la création de contrats à durée indéterminée comme priorité.
Enjeux politiques à l'approche des législatives de 2027
Ces mesures arrivent à un moment crucial, alors que le gouvernement prépare les élections législatives de 2027. En répondant aux revendications des locataires, le pouvoir exécutif espère apaiser les tensions sociales tout en renforçant son positionnement sur la question du logement, un sujet qui pourrait influencer le débat électoral et la composition future du Parlement.