François Monnier, figure reconnue de la finance durable, balaye d’un revers de main les déclarations alarmistes sur la fin de l’ESG. Selon lui, les investisseurs continuent de s’intéresser de près aux critères environnementaux, sociaux et de gouvernance, malgré les critiques récentes.
Un mythe tenace : l’ESG en déclin ?
Une affirmation récente, largement relayée, prétendait que l’ESG (Environnement, Social et Gouvernance) était en voie de disparition, les investisseurs se détournant massivement de ces critères. François Monnier, expert en stratégie d’investissement, a vivement réagi à cette idée reçue lors d’une intervention médiatique. Pour lui, cette thèse repose sur une méconnaissance des dynamiques actuelles des marchés financiers.
Les chiffres qui contredisent la thèse du déclin
Les données disponibles montrent que les fonds intégrant des critères ESG continuent de capter des flux significatifs. En Europe, par exemple, les actifs sous gestion liés à l’ESG ont progressé de plus de 10 % en 2023, malgré un contexte économique difficile. Les investisseurs institutionnels, en particulier, maintiennent leur engagement en faveur de la finance durable, perçue comme un levier de résilience face aux crises climatiques et sociales.
Les stratégies qui résistent à la critique
François Monnier souligne que les stratégies ESG évoluent pour s’adapter aux réalités du marché. Plutôt que de se limiter à des exclusions sectorielles, les gestionnaires intègrent désormais des critères plus subtils, comme l’impact mesurable des entreprises sur leur environnement ou leur contribution aux Objectifs de Développement Durable (ODD). Cette approche, plus pragmatique, séduit un nombre croissant d’investisseurs, y compris en Afrique où les fonds souverains et les banques locales commencent à adopter ces standards.
Un enjeu de crédibilité pour les marchés africains
Sur le continent, l’adoption des critères ESG reste inégale, mais des signaux encourageants émergent. Plusieurs pays, comme le Maroc ou l’Afrique du Sud, ont mis en place des cadres réglementaires incitant les entreprises à publier des rapports ESG. Pour les investisseurs africains, l’intégration de ces critères pourrait devenir un critère de différenciation, notamment face à la demande croissante des fonds internationaux pour des projets alignés sur les objectifs climatiques. Une tendance à surveiller de près dans les mois à venir.