La multiplication des fronts militaires dans le nord de l'Éthiopie marque une nouvelle phase critique dans le conflit opposant les forces fédérales aux Forces de défense tigréennes (TDF). Face à l'intensification des combats et aux conséquences désastreuses pour les populations civiles, les Nations unies appellent à une désescalade immédiate.
Une extension géographique des hostilités
Le conflit, qui s'enlise, a connu une expansion notable avec l'ouverture d'un nouveau front autour du fleuve Tezeke, dans le Tigré occidental. Cette zone, déjà sous tension, a subi des frappes de drones, notamment à proximité de Sheraro, où se trouvent des camps de personnes déplacées. Parallèlement, la région de l'Afar demeure un théâtre d'affrontements intenses, particulièrement dans les localités d'Abala et de Serebti. En Amhara, la situation autour de la ville de Lalibela reste instable, entraînant la fermeture prolongée de son aéroport et le blocage de nombreux habitants pris au piège entre les lignes de front.
Le lourd tribut payé par les civils
L'impact humanitaire de cette reprise des hostilités est alarmant. Le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l'homme, Volker Türk, a dénoncé des frappes aériennes ayant touché des infrastructures scolaires, causant des pertes civiles. À Kobo, dans la région Amhara, des tirs de mortier attribués à l'armée fédérale ont également provoqué des victimes parmi la population. La situation est aggravée par des pratiques de recrutement forcé, incluant des mineurs, attribuées au TPLF, tandis que des signalements font état de conscriptions arbitraires par les forces gouvernementales.
Isolement et bilan des affrontements
Sur le plan opérationnel, l'armée fédérale revendique la neutralisation de plus de 700 rebelles lors de sa récente contre-offensive, tout en faisant état de 500 blessés dans les rangs adverses. Cependant, la réalité du terrain demeure difficile à vérifier en raison d'un black-out total des communications. Depuis le jeudi soir, les réseaux téléphoniques et Internet sont coupés dans les zones de conflit, rappelant les mesures restrictives observées lors du déclenchement de la guerre en 2020. Cet isolement numérique prive les populations d'accès à l'information et entrave la documentation des violations des droits humains, alors que les appels internationaux à la retenue se multiplient pour éviter un embrasement à grande échelle.