Les vagues de chaleur ayant frappé le continent européen au cours de l'été 2026 ont pesé lourdement sur les économies nationales, totalisant une perte estimée à 113 milliards d'euros. Ce montant, qui représente 0,46 % du PIB combiné des 30 pays étudiés par Allianz Trade, illustre la vulnérabilité croissante des systèmes productifs face aux dérèglements climatiques.
Un impact concentré sur les grandes économies
Le poids financier de ces épisodes caniculaires est particulièrement marqué dans trois pays, qui concentrent à eux seuls près des deux tiers des pertes totales. L'Italie arrive en tête avec 27,8 milliards d'euros de préjudice, suivie de l'Allemagne avec 25 milliards d'euros et de la France avec 20,1 milliards d'euros. Si l'Italie affiche un bilan plus lourd que l'Allemagne malgré une économie de taille inférieure, c'est en raison d'un impact direct sur sa croissance nationale, amputée de 1,19 point de pourcentage, contre 0,54 point pour l'économie allemande.
Productivité et inflation : les mécanismes de la perte
Au-delà des dégâts matériels visibles, l'étude souligne que la chaleur affecte durablement la production économique. L'assureur pointe une baisse de la productivité des travailleurs et une hausse de l'absentéisme, des phénomènes observés dans le secteur manufacturier. Ces pertes de production, couplées aux pressions inflationnistes sur les prix alimentaires et à la dégradation du pouvoir d'achat des ménages, constituent les principaux vecteurs de cette facture climatique globale.
Vers une intensification des risques en 2027
Les perspectives pour les années à venir demeurent préoccupantes. Allianz Trade anticipe une année 2027 potentiellement record en termes de températures mondiales, s'inscrivant dans une tendance où les moyennes annuelles pourraient dépasser de 1,3°C à 1,9°C les niveaux de la période préindustrielle. À cela s'ajoute l'émergence d'un épisode El Niño intense, dont les conséquences économiques mondiales pourraient atteindre 451 milliards de dollars. Pour l'Union européenne, ce phénomène climatique pourrait engendrer une perte nette supplémentaire de 24 milliards de dollars, accentuant les tensions sur les prix à travers le continent.