Le vice‑président de l’université Paris‑VIII, Mehdi Ammi, constate que les étudiants utilisent massivement des outils d’intelligence artificielle comme ChatGPT ou NotebookLM pour réviser, rédiger ou même tricher. Il estime qu’une interdiction pure et simple serait inefficace et préconise plutôt un accompagnement pédagogique afin de sensibiliser aux limites et aux biais de ces technologies.
Une adoption massive des IA dans les pratiques étudiantes
Selon Ammi, les IA génératives sont déjà intégrées aux routines quotidiennes des étudiants : ils s’en servent pour résumer des textes complexes, reformuler leurs productions écrites ou obtenir des réponses instantanées à des questions de cours. Cette utilisation s’étend du simple soutien à la révision jusqu’à la rédaction partielle d’essais, voire la génération de réponses lors d’évaluations en ligne.
Les limites perçues et les risques de fraude
Le vice‑président souligne que, malgré leurs performances, ces outils restent sujets à des biais algorithmiques et à des erreurs factuelles. L’absence de transparence sur les sources et la capacité à produire du texte quasi‑identique à celui d’un étudiant posent des défis majeurs pour l’intégrité académique. Il rappelle que la fraude aux examens, facilitée par des agents conversationnels, pourrait s’intensifier si les établissements n’établissent pas de garde‑fous.
Vers un accompagnement pédagogique des outils d’IA
Plutôt que d’interdire, Ammi propose d’intégrer l’IA dans les cursus sous forme d’ateliers de littératie numérique. L’objectif serait d’apprendre aux étudiants à identifier les biais, à vérifier les informations générées et à utiliser ces outils comme des aides, non comme des substituts. Cette approche vise à transformer une menace perçue en opportunité d’enrichir les compétences critiques et méthodologiques des futurs diplômés.
Implications pour les politiques universitaires
Le constat de Paris‑VIII rejoint un débat national sur la régulation de l’IA dans l’enseignement supérieur. Les universités sont appelées à définir des chartes d’usage, à former le corps professoral et à mettre en place des dispositifs de détection de plagiat assisté par IA. Selon Ammi, ces mesures permettront de concilier innovation technologique et exigences de rigueur académique, tout en préparant les étudiants aux réalités d’un marché du travail de plus en plus automatisé.