Les transformatrices de produits halieutiques au Sénégal exigent une reconnaissance juridique et une meilleure inclusion politique

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 26 lectures
Les transformatrices de produits halieutiques au Sénégal exigent une reconnaissance juridique et une meilleure inclusion politique

Les actrices de la filière halieutique sénégalaise, réunies à Thiaroye-sur-Mer, appellent les pouvoirs publics à formaliser leur statut professionnel. Face à la précarité de leurs conditions de travail et à l'insuffisance des infrastructures, elles revendiquent une reconnaissance juridique et une participation active aux instances de gouvernance du secteur de la pêche.

Un plaidoyer pour la formalisation du métier

Le Réseau des Femmes de la Pêche Artisanale du Sénégal (REFEPAS) intensifie sa pression pour l'aboutissement d'un projet de décret visant à régulariser leur activité. La présidente du réseau, Diaba Diop, souligne que ce cadre juridique est indispensable pour garantir une protection sociale aux travailleuses, dont certaines exercent depuis l'enfance. À Saint-Louis, des figures du secteur comme Yaram Fall préconisent également l'instauration d'une carte professionnelle pour officialiser leur rôle dans l'économie nationale.

Infrastructures et accès aux ressources

Le déficit d'infrastructures demeure un frein majeur au développement de la filière. Moins de 15 % des 83 unités de transformation recensées bénéficient d'aménagements adéquats. Si les professionnelles reconnaissent les avancées liées à la révision du Code de la pêche, elles exigent une accélération des chantiers dans les quais et les unités de transformation. Par ailleurs, la raréfaction des ressources halieutiques, exacerbée par la concurrence des usines de farine et d'huile de poisson, menace la disponibilité de la sardinelle, espèce pivot pour la transformation artisanale et la sécurité alimentaire locale.

Revendication d'une place dans la gouvernance

Au-delà des enjeux matériels, les transformatrices demandent une refonte de leur statut politique au sein de la filière. Elles réclament une intégration formelle au sein du Comité d’attribution des licences et du Conseil national consultatif de la pêche maritime. Pour ces actrices, la durabilité de la pêche artisanale ne peut être pensée sans leur implication directe. Elles estiment que leur rôle, qui s'étend de la valorisation des prises à la distribution, est essentiel pour assurer l'approvisionnement des populations et doit, à ce titre, être pleinement intégré dans les décisions stratégiques du pays.

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