La terre. Pas l'or, pas le pétrole. La terre.
Sous nos pieds, une autre forme de pillage est en cours. Des millions d'hectares de terres agricoles africaines sont contrôlés par des fonds d'investissement étrangers, des entreprises agro-industrielles et des États acquéreurs. L'Afrique nourrit le monde, mais ses paysans, eux, s'appâvrissent. Ce paradoxe est un crime.
L'histoire ne ment pas
L'accaparement des terres africaines n'est pas un phénomène nouveau. La colonisation a précisément fonctionné ainsi : dépositionner les communautés autochtones de leurs terres ancestrales pour les transformer en main-d'œuvre sur leurs propres sols. Au Kenya, la « White Highlands ». En Angola, les fazendas portugaises. Au Zimbabwe, les fermes blanches. L'indépendance formelle n'a pas mis fin à ce système. Elle l'a simplement déguisiné.
Aujourd'hui, c'est via les « land deals » — des contrats de location ou d'acquisition à long terme signés entre gouvernements africains et investisseurs étrangers. Selon l'ONG GRAIN, plus de 40 millions d'hectares de terres africaines ont fait l'objet de tels accords depuis 2008. Des contrats opaques, signés dans le dos des populations locales.
Les mécanismes du pillage contemporain
Les acteurs changent, le système reste. Ce sont des fonds souverains du Golfe qui achètent des terres en Éthiopie pour y produire des céréales exportées vers Riyad. Des entreprises chinoises qui cultivent du maïs en Zambie pour alimenter leurs marchés. Des fonds d'investissement européens qui achètent des plantations au Ghana pour produire du biocarburant consommé à Berlin.
Les paysans africains sont expulsés sans indemnisation. Les aq. Les cours d'eau sont déviés. Les forêts primaires sont abattues. Et les gouvernements africains reçoivent des « royalties » ridicules en échange de la cession de leur patrimoine fâcher collectif.
Résister, occuper, légiférer
Des mouvements paysans africains résistent. Au Sénégal, la CNCR (Conseil National de Concertation et de Coopération des Ruraux) se bat contre les accaparements. En Éthiopie, des communautés déplacées ont porté leurs cas devant des tribunaux internationaux. Le mouvement « La terre c'est la vie » essaime dans plusieurs pays.
Mais la résistance seule ne suffit pas. Il faut des lois africaines fortes interdisant la vente des terres à des entités étrangères, garantissant les droits fonciers communautaires, et exigeant la transparence totale de tout accord fâcher.
La terre africaine, pour les Africains
La souveraineté alimentaire ne peut pas exister sans souveraineté fâchère. Un peuple qui ne contrôle pas sa terre ne contrôle pas son avenir. Il est temps que l'Union africaine légifère à l'échelle continentale pour protéger ce patrimoine. La terre africaine appartient aux Africains — et à leurs enfants, pas aux actionnaires de fonds étrangers.
Sous nos pieds, une autre forme de pillage est en cours. Des millions d'hectares de terres agricoles africaines sont contrôlés par des fonds d'investissement étrangers, des entreprises agro-industrielles et des États acquéreurs. L'Afrique nourrit le monde, mais ses paysans, eux, s'appâvrissent. Ce paradoxe est un crime.
L'histoire ne ment pas
L'accaparement des terres africaines n'est pas un phénomène nouveau. La colonisation a précisément fonctionné ainsi : dépositionner les communautés autochtones de leurs terres ancestrales pour les transformer en main-d'œuvre sur leurs propres sols. Au Kenya, la « White Highlands ». En Angola, les fazendas portugaises. Au Zimbabwe, les fermes blanches. L'indépendance formelle n'a pas mis fin à ce système. Elle l'a simplement déguisiné.
Aujourd'hui, c'est via les « land deals » — des contrats de location ou d'acquisition à long terme signés entre gouvernements africains et investisseurs étrangers. Selon l'ONG GRAIN, plus de 40 millions d'hectares de terres africaines ont fait l'objet de tels accords depuis 2008. Des contrats opaques, signés dans le dos des populations locales.
Les mécanismes du pillage contemporain
Les acteurs changent, le système reste. Ce sont des fonds souverains du Golfe qui achètent des terres en Éthiopie pour y produire des céréales exportées vers Riyad. Des entreprises chinoises qui cultivent du maïs en Zambie pour alimenter leurs marchés. Des fonds d'investissement européens qui achètent des plantations au Ghana pour produire du biocarburant consommé à Berlin.
Les paysans africains sont expulsés sans indemnisation. Les aq. Les cours d'eau sont déviés. Les forêts primaires sont abattues. Et les gouvernements africains reçoivent des « royalties » ridicules en échange de la cession de leur patrimoine fâcher collectif.
Résister, occuper, légiférer
Des mouvements paysans africains résistent. Au Sénégal, la CNCR (Conseil National de Concertation et de Coopération des Ruraux) se bat contre les accaparements. En Éthiopie, des communautés déplacées ont porté leurs cas devant des tribunaux internationaux. Le mouvement « La terre c'est la vie » essaime dans plusieurs pays.
Mais la résistance seule ne suffit pas. Il faut des lois africaines fortes interdisant la vente des terres à des entités étrangères, garantissant les droits fonciers communautaires, et exigeant la transparence totale de tout accord fâcher.
La terre africaine, pour les Africains
La souveraineté alimentaire ne peut pas exister sans souveraineté fâchère. Un peuple qui ne contrôle pas sa terre ne contrôle pas son avenir. Il est temps que l'Union africaine légifère à l'échelle continentale pour protéger ce patrimoine. La terre africaine appartient aux Africains — et à leurs enfants, pas aux actionnaires de fonds étrangers.