La sphère politique nigériane est secouée par un conflit familial ouvert au sein de la famille de l'ancien gouverneur de l'État de Kaduna, Nasir El-Rufai. Les attaques virulentes de Bashir El-Rufai contre son frère aîné, Bello, député à la Chambre des représentants, illustrent une rupture profonde exacerbée par les récentes tensions entre l'ancien gouverneur et son successeur, Uba Sani.
Une rupture sur fond de loyautés politiques
Le différend trouve sa source dans la gestion de l'héritage politique de Nasir El-Rufai. Alors que Bashir El-Rufai s'est illustré par des critiques acerbes contre l'administration actuelle, qualifiant le gouverneur Uba Sani d'incompétent, son frère Bello a longtemps cherché à maintenir une position plus nuancée. Ce dernier, qui considérait le gouverneur comme un mentor politique, est désormais accusé par son frère d'opportunisme politique, Bashir affirmant que Bello n'a réaffirmé sa loyauté familiale qu'après avoir perdu ses appuis auprès de l'exécutif actuel.
Le poids de l'héritage financier de l'État
La discorde familiale s'inscrit dans un contexte de crise financière majeure pour l'État de Kaduna. Le gouverneur Uba Sani a publiquement dénoncé un passif financier lourd, incluant une dette de 587 millions de dollars et 85 milliards de nairas, en plus de nombreuses obligations contractuelles. Ces révélations ont servi de catalyseur aux tensions, le gouverneur expliquant que ces engagements financiers hérités entravent sa capacité à assurer le paiement des salaires et la réalisation de projets d'infrastructure essentiels pour la population.
Des accusations aux conséquences politiques
Au-delà des attaques personnelles, cet affrontement met en lumière la fragilité des alliances au sein de la classe politique de Kaduna. En reprochant à son frère son revirement vers l'African Democratic Congress (ADC) et son manque de soutien lors des critiques contre le gouverneur, Bashir El-Rufai expose les divisions internes sur la stratégie à adopter face à la nouvelle administration. Pour les observateurs, cet épisode souligne la complexité des relations entre les anciens dirigeants et leurs successeurs, où les intérêts personnels et les loyautés familiales se heurtent aux réalités de la gestion publique et des équilibres de pouvoir locaux.