Les relations entre le ministre du Territoire de la capitale fédérale (FCT), Nyesom Wike, et plusieurs gouverneurs du Congrès des progressistes (APC) traversent une zone de turbulences. Denge Josef Onoh, ancien porte-parole de la campagne présidentielle de Bola Tinubu, pointe du doigt une méthode de gouvernance et de mobilisation politique jugée conflictuelle, héritée du parcours de l'ancien gouverneur de Rivers.
Un héritage de confrontation politique
Selon l'analyse de Denge Josef Onoh, le style de Nyesom Wike s'inscrit dans une trajectoire marquée par des luttes d'influence constantes, depuis ses débuts à la présidence du gouvernement local d'Obio-Akpor jusqu'à son rôle de ministre sous l'administration Goodluck Jonathan. Cette propension à la confrontation, qui a jalonné sa carrière au sein du Parti démocratique populaire (PDP), se manifesterait aujourd'hui par une gestion du FCT perçue comme déconnectée des réalités administratives et diplomatiques propres à la capitale nigériane.
Les craintes des gouverneurs de l'APC
La méfiance des gouverneurs de l'APC envers le ministre repose sur une crainte majeure : celle de voir les structures du parti au pouvoir fragilisées par ses manœuvres. En conservant une influence sur des réseaux politiques liés au PDP tout en occupant une fonction ministérielle clé au sein d'un gouvernement dirigé par l'APC, Nyesom Wike est accusé de créer une confusion préjudiciable à la cohésion du parti. Les critiques soulignent notamment le risque que ses ambitions personnelles et ses coalitions politiques locales ne finissent par entrer en collision frontale avec les intérêts électoraux des cadres de l'APC.
L'enjeu de la stabilité institutionnelle
Pour Denge Josef Onoh, la situation impose une réflexion sur la gestion des alliances politiques. Il soutient qu'aucune administration ne peut durablement asseoir son autorité en s'aliénant les gouverneurs et les cadres qui constituent la machinerie légale du parti. L'enjeu pour le président Bola Tinubu serait donc de protéger l'intégrité des structures institutionnelles de l'APC face à des stratégies individuelles qui, bien qu'utiles ponctuellement pour neutraliser l'opposition, pourraient à terme miner la base électorale du parti au niveau national.
La gestion du FCT sous surveillance
Au-delà des querelles partisanes, la gestion du FCT par Nyesom Wike est scrutée pour ses conséquences sur l'image du pays. Les opérations de démolition et les menaces sur des propriétés privées, dans une ville qui accueille des missions diplomatiques et des organisations internationales, sont perçues comme des actions politiquement sensibles. Ces méthodes pourraient, selon les observateurs, influencer la perception internationale des institutions démocratiques nigérianes, ajoutant une dimension diplomatique aux tensions politiques internes.