Les syndicats d'enseignants au Ghana ont officiellement rejeté l'appel du ministre de l'Éducation, Haruna Iddrisu, à suspendre leur mouvement de grève nationale. Les organisations syndicales, dont la GNAT, la NAGRAT et la PRETAG, exigent désormais des engagements écrits et des preuves tangibles de paiement avant tout retour dans les salles de classe.
Une rupture de confiance sur les engagements financiers
Le cœur du conflit repose sur une lassitude profonde face aux promesses gouvernementales jugées répétitives et non suivies d'effets. Les syndicats réclament le paiement effectif des arriérés de salaires, le reclassement automatique des enseignants ayant réussi leurs examens de promotion en 2025 et 2026, ainsi que l'application de l'indemnité pour les zones défavorisées. Isaac Baah, responsable des salaires au sein de la GNAT, a souligné que les enseignants ne se contenteront plus de déclarations verbales, exigeant notamment une documentation officielle et un calendrier précis pour le versement des primes promises à l'horizon 2027.
Négociations bloquées sur la convention collective
La situation est exacerbée par l'expiration de la convention collective actuelle, dont le renouvellement piétine. Ce blocage empêche le versement de plusieurs indemnités attendues depuis le mois de septembre. Les représentants syndicaux déplorent l'absence de visibilité sur l'aboutissement de ces discussions, ce qui fragilise davantage le dialogue social. Une nouvelle réunion est prévue pour tenter d'établir un calendrier formel, condition sine qua non pour que les syndicats acceptent de consulter leurs membres sur une éventuelle reprise du travail.
L'impact sur le calendrier scolaire
De son côté, le gouvernement exprime une vive inquiétude concernant la stabilité du calendrier académique, récemment stabilisé sur le cycle septembre-juillet après plusieurs perturbations antérieures. Le ministre de l'Éducation a plaidé pour la poursuite des discussions sans arrêt de travail, arguant de l'importance de préserver la continuité pédagogique pour les élèves. Toutefois, les syndicats maintiennent que la responsabilité de cette interruption incombe à l'État, faute d'avoir respecté les délais fixés lors des précédentes échéances de septembre.
Vers une résolution conditionnelle
La porte n'est pas totalement fermée à une sortie de crise, à condition que le gouvernement présente des documents contractuels crédibles. Si les autorités parviennent à fournir un calendrier écrit et acceptable pour la conclusion des négociations d'ici la mi-octobre ou la fin du mois, les syndicats se disent prêts à soumettre cette proposition à la base. En attendant, le mot d'ordre de grève reste strictement en vigueur, les enseignants conditionnant leur retour à la constatation effective des montants sur leurs bulletins de paie.