Le SYNPICS tire la sonnette d’alarme sur l’état critique des stations régionales de la RTS, asphyxiées par des années de sous-financement et de délaissement institutionnel. Lors d’une conférence de presse syndicale, Youssou Kaba, secrétaire général du SYNPICS-RTS, a dressé un constat accablant : ces antennes, autrefois vitales pour la couverture médiatique du territoire, sont aujourd’hui « en train de mourir de leur belle mort ».
Un déclin structurel accéléré par le manque de moyens
Les stations régionales de la Radiodiffusion Télévision Sénégalaise (RTS) subissent une hémorragie silencieuse, selon le syndicaliste. Les ressources matérielles et humaines, déjà insuffisantes, auraient été « dépouillées » par la direction centrale, aggravant une situation déjà précaire. Youssou Kaba évoque notamment le cas de la station de Matam, plongée dans « la désolation totale », mais souligne que ce déclin touche l’ensemble des antennes régionales.
Des alertes ignorées et des promesses sans suite
Le responsable syndical révèle avoir alerté à plusieurs reprises la direction de la RTS sur ces dysfonctionnements, sans obtenir de mesures correctives. Malgré les demandes répétées, aucune initiative concrète n’a été engagée pour inverser la tendance. Cette inertie institutionnelle, couplée à l’absence de plan de sauvetage, laisse présager une disparition progressive de ces médias locaux, essentiels à la diversité de l’information au Sénégal.
Grève et mobilisation : la dernière cartouche des syndicats
Face à cette impasse, le SYNPICS a déposé un préavis de grève dans le cadre d’une intersyndicale, marquant une escalade dans la pression exercée sur les autorités. L’objectif ? Obtenir des engagements tangibles pour le redéploiement des moyens humains et financiers vers les stations régionales. La mobilisation syndicale s’inscrit dans un contexte plus large de remise en question des médias publics, souvent critiqués pour leur centralisation excessive et leur éloignement des réalités locales.
Un enjeu démocratique et territorial
La dégradation des stations régionales de la RTS ne relève pas seulement d’une crise interne à l’institution. Elle pose une question de fond sur l’accès à l’information pour les populations éloignées des grands centres urbains. Ces antennes, historiquement garantes d’une couverture équilibrée du territoire, jouent un rôle clé dans la cohésion nationale et la vitalité des débats publics. Leur affaiblissement pourrait accentuer les fractures territoriales et réduire la pluralité des voix médiatiques au Sénégal.