Les sols mondiaux s’effritent : l’ONU sonne l’alarme sur une crise alimentaire en marche

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 23 lectures
Les sols mondiaux s’effritent : l’ONU sonne l’alarme sur une crise alimentaire en marche

La planète perd ses sols à un rythme insoutenable : 95 % de notre alimentation en dépend, mais 800 millions de personnes supplémentaires ont été nourries depuis 2015 au prix d’une pression accrue sur les terres, selon un rapport alarmant de l’ONU.

Des terres sous pression, une alimentation en danger

Près de 95 % de la production alimentaire mondiale repose sur les sols, rappelle le dernier rapport de la FAO sur l’état des ressources en sols. Pourtant, depuis 2015, la dégradation des terres s’est accélérée, portée par l’expansion agricole – l’équivalent de la superficie de la France et de l’Allemagne combinées a été converti en terres arables – et par des pratiques non durables. Résultat : 1,7 milliard de personnes voient déjà leurs rendements agricoles réduits, principalement en Asie du Sud et de l’Est. En France, 75 % des sols sont dégradés, selon les autorités nationales.

L’érosion, fléau silencieux qui aggrave sécheresses et inondations

L’érosion des sols, premier facteur de dégradation, est mal gérée dans 81 % des cas étudiés, et la situation s’est encore détériorée dans 65 % d’entre eux. Ce phénomène, aggravé par la déforestation et les monocultures, menace directement la résilience climatique : il intensifie les risques de sécheresses et d’inondations, tout en réduisant la capacité des sols à stocker le carbone. Pourtant, des solutions existent, comme le travail réduit du sol ou la diversification des cultures, mais leur adoption reste marginale.

Des solutions locales, mais un déploiement trop lent

Si le rapport souligne des « signes d’espoir » – notamment l’amélioration des pratiques dans 10 % des cas depuis 2015 –, l’urgence est de généraliser ces méthodes avant que la dégradation ne devienne irréversible. La FAO insiste sur l’absence de « solution passe-partout » : chaque région doit adapter ses stratégies. Les zones arides, par exemple, nécessitent des approches ciblées contre l’accumulation de sels, tandis que les terres agricoles proches des villes souffrent davantage de pollutions industrielles. Sans accélération des politiques publiques et des incitations financières, le défi de la restauration des sols restera hors de portée.

Restaurer les sols : un impératif pour les générations futures

Les experts de l’ONU rappellent que la dégradation des sols n’est pas une fatalité. Grâce à des pratiques durables – comme l’usage mixte d’engrais organiques et minéraux ou la rotation des cultures –, il est possible de restaurer la fertilité des terres et de sécuriser l’approvisionnement alimentaire. Mais le temps presse : la population mondiale continue de croître, et les terres arables se raréfient. L’enjeu dépasse désormais l’agriculture : c’est la stabilité des écosystèmes et la survie de millions de personnes qui sont en jeu.

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