Le Département des services de sécurité (DSS) et l’Agence nationale du renseignement (NIA) nigérians enquêtent sur des allégations selon lesquelles des dirigeants de la Fédération nigériane de football (NFF) auraient collaboré avec des intérêts étrangers pour compromettre la sécurité nationale.
Une enquête liée à des communications compromettantes interceptées
Selon une source sécuritaire, des échanges troublants entre des responsables de la NFF et des ressortissants étrangers, capables de générer des risques pour la stabilité du Nigeria, ont été interceptés. Ces communications, jugées suffisamment graves pour justifier une enquête conjointe du DSS (chargé des menaces internes) et du NIA (chargé des menaces externes), impliqueraient des figures clés de la gestion du football national.
Le financement public du football nigérian sous les projecteurs
L’enquête survient dans un contexte de tensions autour de l’utilisation des fonds publics alloués au football. En 2024, le président Bola Tinubu avait approuvé une enveloppe de 17 milliards de nairas pour régler les arriérés de salaires des équipes nationales. Cependant, la source précise que cette question relève de la compétence de la Commission économique et financière (EFCC), et non des services de renseignement. L’enquête actuelle dépasse donc le cadre des malversations financières, se concentrant sur des risques de sécurité nationale.
La NFF sous pression après des échecs sportifs historiques
La Fédération nigériane de football fait face à une crise de légitimité sans précédent. Les Super Eagles, l’équipe masculine, ont manqué deux éditions consécutives de la Coupe du monde FIFA, tandis que les Super Falcons, l’équipe féminine, ont échoué à se qualifier pour la Coupe du monde 2027 – une première depuis 1991. Ces contre-performances, couplées à des démissions massives au sein du comité exécutif dirigé par Ibrahim Gusau, alimentent les appels à la démission de la direction actuelle. Plus de la moitié des membres du comité exécutif ont déjà quitté leurs fonctions ou envisagent de le faire, une situation qui pourrait perturber l’organisation des élections prévues le 27 septembre à Lafia, dans l’État de Nasarawa.
Un scrutin sous haute tension et des craintes de déstabilisation
L’annonce de l’enquête des services de renseignement coïncide avec une période de grande fragilité institutionnelle pour la NFF. Les craintes d’une ingérence étrangère dans la gestion du football nigérian, combinées aux démissions en cascade, pourraient compromettre la tenue des élections internes dans les délais impartis. Les observateurs s’interrogent sur la capacité de la Fédération à surmonter cette crise multidimensionnelle, alors que son avenir sportif et administratif est plus que jamais incertain.