La Cour pénale internationale (CPI) dénonce une offensive américaine sans précédent contre son indépendance, après l’imposition de sanctions ciblant neuf de ses juges et responsables, dont sa présidente et un haut magistrat sénégalais. Washington justifie ces mesures par son opposition aux enquêtes sur Israël et des ressortissants d’États non signataires du Statut de Rome, mais la juridiction y voit une atteinte directe à sa mission de lutte contre l’impunité des crimes les plus graves.
Une offensive contre neuf magistrats et la crédibilité de la CPI
Les sanctions américaines, qui incluent le gel d’avoirs et l’interdiction d’entrée sur le territoire américain, visent désormais neuf juges sur dix-huit, deux procureurs adjoints, un ancien procureur et un membre du personnel. Parmi les ciblés figurent la juge japonaise Tomoko Akane, présidente de la CPI, et le Sénégalais Abdoulaye Sèye, premier substitut du procureur. Ces mesures s’inscrivent dans une stratégie plus large de Washington pour entraver les enquêtes de la Cour, notamment celles concernant des crimes présumés commis par des ressortissants américains ou alliés.
Washington invoque des motifs politiques, la CPI défend son mandat
Les États-Unis, non signataires du Statut de Rome, justifient ces sanctions par leur opposition aux enquêtes de la CPI sur Israël et sur des nationaux d’États non membres. Pourtant, la Cour rappelle que sa mission est de juger les crimes les plus graves – génocide, crimes contre l’humanité et crimes de guerre – lorsque les juridictions nationales sont défaillantes. Selon elle, ces pressions réduisent aussi la capacité des victimes à obtenir justice, ces dernières se tournant vers la CPI après l’épuisement des recours locaux.
Le Sénégal et l’ONU s’alarment des conséquences
Le Sénégal a réaffirmé sa solidarité avec Abdoulaye Sèye et les autres responsables ciblés, soulignant l’importance de l’indépendance de la justice internationale. De son côté, le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, s’est dit « gravement préoccupé » par ces sanctions, rappelant que la CPI constitue un pilier essentiel de la justice pénale mondiale. Cette crise relance le débat sur la capacité des institutions internationales à résister aux pressions politiques des grandes puissances.