Les Rohingyas réclament justice et dignité neuf ans après leur exil forcé au Bangladesh

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 22 lectures
Les Rohingyas réclament justice et dignité neuf ans après leur exil forcé au Bangladesh

Des dizaines de milliers de Rohingyas ont manifesté à Cox’s Bazar, au Bangladesh, pour dénoncer l’aggravation des conditions de vie dans les camps surpeuplés et réclamer une assistance internationale accrue. Neuf ans après leur fuite du Myanmar, où ils subissent une répression systématique, les réfugiés ont organisé cette mobilisation pour rappeler les atrocités commises et alerter sur la crise humanitaire persistante. Les protestataires exigent justice, dignité et un retour sûr dans leur pays, alors que les ressources humanitaires s’amenuisent et que la faim s’étend.

Une crise humanitaire qui s’aggrave malgré les années

Plus d’1,2 million de Rohingyas vivent aujourd’hui dans une trentaine de camps à Cox’s Bazar, le plus grand camp de réfugiés au monde. Pourtant, les conditions de vie se détériorent rapidement en raison de la réduction des financements, des rations alimentaires limitées et des coupes dans les services essentiels. Les organisations humanitaires, comme Oxfam, alertent sur le risque de voir s’effondrer les progrès accomplis si les ressources ne sont pas rétablies. Selon Save the Children, un tiers des réfugiés pourrait connaître des niveaux de faim « critiques » ou pires entre septembre et décembre.

Le Bangladesh sous pression face à l’afflux prolongé

Les autorités bangladaises, déjà en difficulté pour gérer cette crise, appellent à un retour « digne » des Rohingyas dans leur pays d’origine. Pourtant, la situation au Myanmar reste instable : les conflits s’intensifient dans l’État de Rakhine, les frappes aériennes ciblent les infrastructures civiles, et les autorités bloquent l’accès à l’aide humanitaire. Une déclaration conjointe de 16 missions diplomatiques, dont celles de l’UE, du Royaume-Uni et du Canada, souligne que les conditions ne sont pas réunies pour un rapatriement sécurisé. « Les Rohingyas ont le droit de retourner chez eux », rappellent-elles, tout en dénonçant l’escalade de la violence.

La communauté internationale appelée à agir

Le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a appelé à une « attention et une action globales renouvelées » pour les Rohingyas. Son porte-parole a souligné que l’insécurité grandissante, la réduction de l’espace de protection et les coupes budgétaires aggravent une crise déjà profonde. Les manifestants de Cox’s Bazar ont insisté sur leur volonté de voir le monde agir : « Ils veulent justice, ils veulent dignité, et un retour en sécurité chez eux », a rapporté un journaliste sur place. Pourtant, sans une mobilisation internationale forte, le risque est grand de voir cette crise s’enliser dans l’oubli.

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