Les retraités de l'État de Cross River, au Nigeria, appellent le gouverneur Bassey Otu à procéder à une révision structurelle de leurs pensions. Cette demande intervient dans un contexte de dégradation du pouvoir d'achat, alors que les bénéficiaires soulignent l'inadéquation des montants actuels face à l'inflation galopante.
Une stagnation des revenus depuis 2014
Selon Daniel Effiong, président de l'Association des retraités de l'État, les pensions n'ont fait l'objet d'aucune revalorisation depuis 2014, malgré les hausses successives du salaire minimum national. Cette situation laisse certains anciens fonctionnaires avec des allocations mensuelles aussi faibles que 4 000 nairas. Pour ces retraités, ce montant est devenu insuffisant pour couvrir les besoins élémentaires, notamment l'accès aux soins de santé et l'alimentation.
Le défi persistant des arriérés de gratifications
Au-delà de la question des pensions mensuelles, le règlement des gratifications de fin de carrière reste un point de tension majeur. Bien que le gouvernement ait versé 10 milliards de nairas il y a deux ans, cette somme n'a pas permis d'éponger la totalité du passif accumulé. Si les représentants des retraités saluent la régularité des paiements mensuels actuels et la promesse du gouverneur de libérer une nouvelle tranche de gratifications avant décembre, ils insistent sur la nécessité d'un plan de paiement plus global.
Refus de nouvelles procédures administratives
Face aux difficultés financières, l'association s'oppose fermement à la création de comités supplémentaires pour gérer ces dossiers. Frank Odey, porte-parole des retraités, soutient que les structures existantes, telles que les bureaux de l'Auditeur général et de l'Comptable général, disposent déjà des compétences constitutionnelles pour traiter ces paiements. Selon lui, multiplier les instances de contrôle ne ferait qu'alourdir inutilement le processus et retarder davantage le versement des fonds dus.
L'impératif d'une adaptation aux réalités économiques
L'enjeu pour les autorités de Cross River est désormais d'aligner les prestations sociales sur les réalités économiques actuelles. L'érosion de la valeur du naira a durement frappé les anciens travailleurs, particulièrement ceux dépourvus de sources de revenus complémentaires. Une révision des taux de pension est présentée par les associations comme une mesure indispensable pour protéger la dignité des aînés et atténuer l'impact de la crise sur les ménages les plus vulnérables.