La session 2026 du baccalauréat à Madagascar met en lumière une géographie scolaire contrastée, marquée par des performances inégales selon les provinces. Si Antananarivo enregistre une progression notable, d'autres régions font face à un recul des taux de réussite, posant avec acuité la question de l'accès à l'enseignement supérieur pour les nouveaux diplômés.
Une dynamique positive à Antananarivo
La province d'Antananarivo, qui concentre le plus grand nombre de candidats avec près de 62 000 inscrits, affiche un taux de réussite de 51,74 %. Ce résultat marque une amélioration de 4,25 points par rapport à l'année 2025, où le taux s'établissait à 47,49 %. Cette performance, obtenue après une délibération fixant le seuil d'admission à 9,75/20, permet à la capitale de repasser au-dessus de la barre symbolique des 50 % de réussite.
Des résultats en baisse dans plusieurs provinces
À l'inverse, d'autres régions connaissent une tendance baissière. À Toliara, le taux de réussite chute à 39,21 %, contre 43,14 % l'année précédente. La situation est similaire à Mahajanga, où le taux tombe à 47,9 %, marquant un recul significatif par rapport aux 60 % enregistrés en 2025. À Toamasina, les régions Atsinanana et Alaotra-Mangoro affichent 51,57 %, un chiffre également en retrait par rapport à la session précédente qui atteignait 55,36 %. Fianarantsoa, pour sa part, se maintient tout juste au-dessus de la moyenne avec 51 % de réussite.
La performance constante des filières techniques
À travers le pays, une tendance se dessine : l'enseignement technique et professionnel surpasse régulièrement l'enseignement général. À Mahajanga, ces filières atteignent plus de 83 % de réussite, contre environ 46 % pour le général. Une disparité similaire est observée à Toamasina, avec 76,23 % dans le technique contre 50,20 % dans le général, et à Fianarantsoa, où les filières professionnelles culminent à 70 %. Ces chiffres soulignent l'efficacité relative des cursus techniques, tandis que les séries littéraires et scientifiques de l'enseignement général peinent parfois à franchir le cap des 40 % dans certaines zones.
Le défi de l'orientation post-bac
Au-delà des chiffres, ces résultats soulèvent l'enjeu crucial de l'intégration dans le système universitaire. Avec des milliers de nouveaux bacheliers sur le marché, la capacité d'accueil des établissements publics devient un point de tension majeur. La limitation des places disponibles dans l'enseignement supérieur constitue désormais le principal défi pour ces jeunes diplômés souhaitant poursuivre leur parcours académique.