Le Nigeria a enregistré le 3 septembre 54,08 milliards de dollars de réserves extérieures, le pic le plus élevé depuis décembre 2008. Cette hausse de 18,7 % depuis le début de l'année renforce la capacité du pays à absorber les chocs externes et à soutenir la stabilité du naira.
Un record atteint après une progression soutenue
Selon les dernières données de la Banque centrale du Nigeria (CBN), les réserves sont passées de 52,66 milliards de dollars le 19 août à 54,08 milliards le 3 septembre, soit une augmentation de 1,42 milliard en deux semaines. Au cours de l'année, le stock de devises a grimpé de 8,52 milliards, passant de 45,56 milliards au 2 janvier, un bond qui place le pays au niveau le plus élevé depuis le 22 décembre 2008, où les réserves s'élevaient à environ 54,21 milliards.
Les moteurs de la hausse : revenus pétroliers et flux tiers
Le gouverneur de la CBN, Olayemi Cardoso, a attribué cette progression à des rentrées de devises plus fortes, notamment les taxes liées au pétrole brut et les apports de tiers parties. Le secteur pétrolier, principal source de devises du Nigeria, continue de générer des recettes fiscales qui alimentent les réserves, tandis que des investissements étrangers et des transferts privés viennent compléter ce flux.
Conséquences sur le naira et la politique monétaire
Parallèlement à l'accumulation de réserves, le naira a connu une appréciation notable, atteignant 1 315 nairas par dollar sur le marché officiel, son niveau le plus fort depuis deux ans. Cette dynamique reflète la capacité accrue de la banque centrale à intervenir sur le marché des changes, offrant un coussin de liquidités plus important pour absorber les pressions de la demande de devises. Le dépassement de 3,04 milliards de dollars par rapport à la prévision de la CBN pour fin 2026 (51,04 milliards) donne à l’institution une marge de manœuvre supplémentaire pour soutenir la stabilité monétaire.
Enjeux à moyen terme pour l’économie nigériane
Un stock de réserves plus important améliore la crédibilité du Nigeria auprès des partenaires financiers internationaux et réduit le risque de crises de balance des paiements. Toutefois, la dépendance persistante aux recettes pétrolières implique que la durabilité de cette tendance dépendra de la stabilité des cours du brut et de la capacité du pays à diversifier ses sources de devises. La CBN devra ainsi équilibrer l’appui au naira avec la gestion prudente des réserves afin de préserver la confiance des investisseurs et de soutenir la reprise économique post‑pandémique.