La fédération Fransylva, qui représente les intérêts de 3,5 millions de propriétaires forestiers privés en France, a officiellement soumis une charte de revendications aux candidats à l'élection présidentielle. Face à l'augmentation spectaculaire des surfaces brûlées et aux contraintes réglementaires jugées contradictoires, les propriétaires exigent une refonte de la politique forestière nationale.
Une stratégie renforcée face aux incendies
Marqués par une année où 78 000 hectares de forêts ont été dévastés, contre une moyenne annuelle de 12 700 hectares sur les deux dernières décennies, les forestiers privés appellent à une action volontariste. Fransylva préconise une application stricte des obligations légales de débroussaillement et le déploiement d'infrastructures de prévention, telles que des réserves d'eau stratégiques et des systèmes de détection par caméras. La fédération souligne que si le réchauffement climatique exacerbe les risques, l'activité humaine demeure à l'origine de 90 % des départs de feu.
Simplification normative et sécurité foncière
La fédération dénonce une instabilité réglementaire qui entrave le renouvellement des forêts. Elle réclame un moratoire sur les normes qu'elle juge contradictoires, notamment les restrictions saisonnières qui interdisent les travaux forestiers durant une large partie de l'année. Au-delà de la gestion sylvicole, Antoine d’Amécourt, président de Fransylva, insiste sur la nécessité de garantir le respect du droit de propriété privée, mis à mal selon lui par des intrusions répétées, des rave-parties non autorisées et le prélèvement illicite de ressources forestières.
L'équilibre forêt-gibier au cœur des enjeux
Un autre point de tension majeur concerne la prolifération des populations de gibier, notamment les cerfs, sangliers et chevreuils. Selon les propriétaires, cette surpopulation compromet gravement le renouvellement naturel des peuplements forestiers et la biodiversité. La fédération demande aux futurs décideurs politiques d'augmenter les prélèvements de gibier pour rétablir un équilibre nécessaire à la pérennité des écosystèmes forestiers. Alors que les forêts privées couvrent 75 % de la surface boisée française, les candidats ont été invités à se positionner sur ces engagements, marquant une volonté des propriétaires de peser dans le débat électoral à venir.