Le débat autour du RN et de la comparaison avec la dirigeante italienne Giorgia Meloni se cristallise sur leurs projets économiques. En examinant les programmes, on constate des divergences majeures en matière de fiscalité, de gestion du déficit et de position vis-à-vis de l'Union européenne.
Des orientations économiques opposées
Le programme du Rassemblement national mise sur une baisse de la TVA appliquée à l’énergie, le report de l’âge légal de la retraite à 62 ans, voire 60 ans pour certains, et promet 125 milliards d’euros de réduction des dépenses publiques sans préciser les postes concernés. En revanche, la candidate italienne a adopté une politique de l’offre : elle a réduit le nombre de tranches d’impôt sur le revenu de quatre à trois, instauré un taux réduit d’impôt sur les sociétés pour les entreprises qui réinvestissent leurs bénéfices, et a maintenu une trajectoire budgétaire qui a fait reculer le déficit public de 7,2 % du PIB en 2023 à 3,4 % en 2024, puis 3,1 % en 2025 grâce au démantèlement du « superbonus ».
Fiscalité et déficit : deux stratégies distinctes
Alors que le RN propose des baisses d’impôts sans indiquer de réduction du nombre de fonctionnaires, le plan italien s’appuie sur une rationalisation de la fiscalité du travail et du capital, combinée à une réduction du déficit par la suppression de dispositifs coûteux. La différence se traduit par une approche protectionniste et dirigiste du RN contre une stratégie libérale et incitative de Meloni, qui vise à stimuler l’investissement privé tout en respectant les contraintes budgétaires.
Union européenne et immigration : euroscepticisme versus engagement
Marine Le Pen prône un rapport de force avec l’UE, allant jusqu’à envisager une baisse unilatérale de la contribution française au budget européen. Elle place l’immigration au cœur de son projet politique. À l’inverse, Giorgia Meloni a joué l’entrisme au sein de l’UE, cherchant à la réformer de l’intérieur, et a ouvert massivement l’immigration légale de travail (« decreto flussi ») pour répondre aux besoins des entreprises, accueillant près d’un million de travailleurs extra‑européens.
Conséquences pour les électeurs français
Voter pour Marine Le Pen revient à soutenir un programme eurosceptique, protectionniste et socialement orienté, tandis que le modèle italien propose un cadre pro‑entreprises, compatible avec les règles européennes. Les électeurs doivent donc mesurer l’impact de ces choix sur la compétitivité de la France, la maîtrise de la dette publique et la capacité du pays à attirer des investissements étrangers.