Les agricultrices des régions de la Volta et de l'Oti au Ghana appellent à une refonte du soutien institutionnel pour accroître la compétitivité du riz local face aux importations massives. Saraphine Obrotey, vice-présidente de la Gamesu Women Rice Farmers Association, souligne que malgré leur rôle central dans toute la chaîne de valeur, les productrices restent freinées par des obstacles structurels majeurs qui limitent leur productivité et leur sécurité financière.
Accès au foncier et au financement
L'accès équitable à la terre demeure l'un des défis les plus critiques pour les femmes engagées dans la riziculture. Sans sécurité foncière, ces agricultrices peinent à investir durablement dans leurs exploitations. À cette problématique s'ajoute un besoin urgent de crédits abordables et d'intrants agricoles de qualité, tels que des semences certifiées et des engrais. L'espoir repose désormais sur des initiatives comme la « Women’s Bank », censée faciliter l'accès aux capitaux nécessaires pour moderniser les méthodes de production et permettre une montée en échelle des activités.
Modernisation et formation technique
Pour réduire les pertes post-récolte et améliorer la qualité du grain, une montée en compétences est jugée indispensable. Les agricultrices plaident pour un renforcement des services de vulgarisation agricole, axé sur des pratiques climato-intelligentes, la gestion de la fertilité des sols et la maîtrise des techniques de récolte. L'objectif est d'intégrer des technologies adaptées aux besoins locaux, en collaboration étroite avec les chercheurs et les agents de terrain, afin de transformer les méthodes traditionnelles en une production plus efficiente et rentable.
Infrastructures et compétitivité commerciale
La lutte contre la concurrence du riz importé ne peut se gagner sans une amélioration drastique des infrastructures. Le manque d'unités de stockage, d'équipements de transformation et de réseaux de transport pénalise lourdement les productrices. Saraphine Obrotey insiste sur la nécessité de professionnaliser le conditionnement, le branding et le marketing du riz local pour séduire les consommateurs. Le renforcement des coopératives féminines est présenté comme un levier stratégique pour accroître leur pouvoir de négociation et faciliter leur accès direct aux marchés.
Un plaidoyer pour une inclusion politique
Au-delà des besoins matériels, les agricultrices revendiquent une place réelle dans les instances de décision. Elles appellent le gouvernement, les autorités traditionnelles et le secteur privé à lever les barrières liées au genre qui les excluent trop souvent de l'élaboration des politiques agricoles. Une meilleure représentation permettrait de garantir que les programmes de développement répondent concrètement aux réalités du terrain, assurant ainsi une meilleure sécurité alimentaire et une prospérité accrue pour les communautés rurales ghanéennes.