Un collectif représentant les communes de l'arrondissement de Ngodj, au Sénégal, conteste la configuration actuelle de l'autoroute Mbour-Kaolack. Les habitants dénoncent l'absence d'un échangeur initialement planifié, craignant que cette infrastructure majeure ne devienne un frein au développement économique et à la mobilité locale plutôt qu'un levier de croissance.
Le retrait inexpliqué de l'échangeur de Gandiaye
Au cœur de la contestation se trouve la suppression de l'échangeur de Keur Mbagne Diop, communément appelé échangeur de Gandiaye. Selon les membres du collectif, cette infrastructure figurait pourtant dans le projet initial porté par l'Ageroute. À quelques mois de la livraison du chantier, les populations ont constaté l'arrêt des travaux sur ce point précis sans qu'aucune explication officielle ne leur soit fournie. Cette opacité a poussé les citoyens à engager des démarches administratives restées, à ce jour, sans réponse satisfaisante.
Un enjeu de désenclavement et de sécurité
Pour les communes de Sibassor, Gandiaye, Thiomby, Ndiébel et Dya, l'accès à l'autoroute est une nécessité vitale. Le porte-parole du collectif, Mamadou Diouf, souligne que l'absence de sortie de péage condamne ces localités à un enclavement accru. Au-delà de la mobilité, les manifestants alertent sur les risques sécuritaires et les difficultés logistiques que pose la coupure physique du territoire par l'autoroute. Sans point de passage adapté, la circulation des biens et des personnes entre les deux rives de l'infrastructure devient périlleuse, entravant les activités économiques quotidiennes.
La demande d'un dialogue technique et politique
Face à ce qu'ils qualifient d'aberration, les habitants de l'arrondissement de Ngodj appellent les autorités compétentes à reprendre le dossier. Leur revendication est claire : obtenir la transparence sur les raisons techniques ayant conduit à la suspension de l'échangeur et engager une étude de faisabilité pour sa réalisation. Le collectif insiste sur la nécessité d'un dialogue sérieux entre l'État et les collectivités locales afin d'ajuster le projet aux besoins réels des populations riveraines, garantissant ainsi que l'autoroute serve effectivement le développement régional.