L'intégrité du processus électoral nigérian de 2023 a été mise à l'épreuve par des tentatives de déstabilisation numérique. Festus Okoye, ancien commissaire de la Commission électorale nationale indépendante (INEC), a révélé que les infrastructures technologiques de l'institution ont fait l'objet de multiples cyberattaques durant la période du scrutin présidentiel.
La vulnérabilité du portail IReV
Au cœur du dispositif de transparence promis par l'INEC figurait le portail de visualisation des résultats (IReV), conçu pour permettre aux citoyens et aux observateurs de consulter en temps réel les procès-verbaux scannés des bureaux de vote. Cependant, le jour du scrutin, la plateforme a connu une inactivité prolongée, empêchant la remontée des données. Si l'institution a initialement évoqué un simple dysfonctionnement technique, les révélations sur les cyberattaques soulignent la fragilité des systèmes déployés face à des menaces extérieures coordonnées.
Le recours au terme « glitch »
Face à l'impossibilité de publier les résultats, les responsables de l'INEC ont dû communiquer dans l'urgence. Festus Okoye a précisé que le terme « glitch » (ou incident technique) a été adopté pour expliquer la situation aux Nigérians, après qu'il ait lui-même rejeté des formulations techniques jugées trop complexes. Cette communication, bien que destinée à apaiser les inquiétudes, a été perçue comme une réponse insuffisante face à l'ampleur des attentes populaires concernant la fiabilité du système numérique.
L'incertitude sur l'impact réel des attaques
Bien que l'ancien commissaire confirme la réalité des cyberattaques, il demeure prudent quant à leur influence directe sur les défaillances observées sur le portail IReV. Selon lui, il est impossible d'établir avec certitude si ces attaques sont la cause directe de l'incapacité technique de la commission à traiter les données en temps réel. La question a fait l'objet d'auditions devant le tribunal des pétitions électorales, où le directeur adjoint des technologies de l'information et de la communication de l'INEC a été appelé à fournir des explications techniques sur ces incidents.
Un défi pour la confiance institutionnelle
Ces révélations mettent en lumière les risques sécuritaires majeurs auxquels sont exposées les institutions électorales dans un contexte de numérisation croissante des processus démocratiques. La déception exprimée par les responsables de l'INEC, malgré des préparatifs jugés extensifs, pose la question de la résilience des infrastructures critiques face aux menaces cybernétiques, un enjeu crucial pour la crédibilité des futures échéances électorales sur le continent.