Alors que la COP17 contre la désertification se tient en Mongolie, une cinquantaine de représentants autochtones ont manifesté à Oulan-Bator pour dénoncer le refus des États-Unis de négocier des points clés de l’agenda, dont la représentation des communautés locales. Leur combat : faire reconnaître leur rôle central dans la lutte contre la dégradation des terres, alors que Washington bloque les discussions sur trois dossiers majeurs.
Un « dialogue de sourds » avec la délégation américaine
Les manifestants, menés par Hindou Oumarou Ibrahim de l’Association des femmes peules autochtones du Tchad, ont scandé des slogans exigeant la reconnaissance de leurs droits. Sur leurs pancartes, en trois langues, un message unifié : « Respecter et reconnaître les peuples autochtones ». Malgré des échanges en privé avec la délégation américaine, les positions restent irréconciliables. Les autochtones décrivent une rencontre sans issue, où leurs arguments se heurtent à un mur politique.
Hindou Oumarou Ibrahim a alerté sur les conséquences concrètes de ce blocage : « Les gens meurent tous les jours à cause de la soif ou de l’avancée du désert. Ce n’est pas acceptable de détruire les rêves de ceux qui n’ont que cette lumière au bout du tunnel. » Son appel résonne comme un cri d’urgence face à une désertification qui progresse plus vite que les solutions.
Trois dossiers bloqués par Washington
Outre la question de la représentation des peuples autochtones, les États-Unis refusent de négocier deux autres points : l’intégration des questions de genre dans les stratégies de lutte contre la désertification, et les synergies avec les autres COP climatiques. Jennifer Corpuz, activiste philippine, rappelle pourtant le rôle historique des communautés autochtones : « Nous prenons soin des terres depuis des siècles. Nous ne sommes pas un problème, nous sommes une solution. »
Ce rejet américain isole les discussions et retarde des décisions cruciales. Sans participation des États-Unis, les synergies avec d’autres conventions internationales deviennent impossibles, limitant l’efficacité des mesures envisagées.
La Mongolie, symbole d’une urgence mondiale
La COP17 se déroule dans un pays où la désertification touche déjà 76 % des terres, selon les dernières estimations. Oulan-Bator, ville hôte, incarne les défis d’une région où les écosystèmes fragiles subissent de plein fouet les effets du changement climatique. Les manifestants y voient un paradoxe : alors que la Mongolie paie le prix fort de la dégradation des terres, les négociations peinent à avancer.
Pour les peuples autochtones, cette COP est un test. Leur mobilisation reflète une réalité : sans leur inclusion, aucune stratégie de lutte contre la désertification ne pourra être durable. Leur combat dépasse les frontières, portées par des voix comme celle d’Hindou Oumarou Ibrahim, qui lie survie des terres et survie des cultures.