Face à l’instabilité géopolitique croissante, la Banque centrale néerlandaise (DNB) réorganise ses réserves d’or en rapatriant 86 tonnes depuis les États-Unis et le Canada vers le Royaume-Uni. Une décision qui s’inscrit dans une tendance européenne de sécurisation des actifs stratégiques.
Un transfert motivé par la prudence géopolitique
La DNB justifie ce mouvement par la nécessité de disposer de réserves d’or « plus facilement disponibles et négociables » depuis Londres que depuis New York ou Ottawa en cas de crise majeure. Avec 612,4 tonnes d’or en stock, les Pays-Bas détenaient jusqu’ici 37 % de leurs réserves en Amérique du Nord. Désormais, seulement 18,5 % restent à New York et autant à Ottawa, tandis que 32 % sont transférés au Royaume-Uni. Le solde, soit environ 31 %, reste conservé sur le territoire national.
Une stratégie alignée sur d’autres puissances européennes
Cette initiative rejoint celle de la France, qui a vendu 129 tonnes d’or stockées à New York entre juillet 2025 et janvier 2026, soit près de 5 % de ses réserves. Paris a présenté cette opération comme une mesure technique, sans lien avec une défiance envers les États-Unis. Quant à l’Allemagne, elle avait également envisagé un rapatriement partiel de ses réserves depuis New York, bien que cette option n’ait finalement pas été retenue.
L’or, un actif sous surveillance en Europe
Ces décisions illustrent une remise en question plus large de la localisation des réserves d’or stratégiques en Occident. Les banques centrales européennes semblent privilégier des hubs financiers perçus comme plus stables ou mieux connectés aux marchés européens. Londres, déjà premier centre mondial de négociation de l’or physique, devient ainsi une destination privilégiée pour les transferts, renforçant son rôle de plaque tournante pour les actifs souverains.
Quelles conséquences pour les relations transatlantiques ?
Si les banques centrales concernées insistent sur le caractère technique de ces mouvements, leur accumulation pourrait, à terme, influencer les dynamiques de confiance entre partenaires économiques. Une réduction de la dépendance aux infrastructures financières américaines et canadiennes pourrait aussi refléter une anticipation de tensions géopolitiques prolongées, notamment dans un contexte marqué par les incertitudes commerciales et sécuritaires.