Les pâtes italiennes et françaises contaminées au cadmium : un risque sanitaire sous-estimé ?

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 18 lectures
Les pâtes italiennes et françaises contaminées au cadmium : un risque sanitaire sous-estimé ?

Une enquête du magazine 60 Millions de consommateurs révèle que près de 95 % des pâtes analysées en Europe contiennent du cadmium, un métal lourd classé cancérigène par les autorités sanitaires. Les marques Barilla, Panzani et Lustucru figurent parmi les plus exposées, soulevant des questions sur les seuils réglementaires et les risques pour la santé.

Des pâtes contaminées : Barilla et Panzani en tête des marques à risque

Sur les 36 références de pâtes testées – incluant des marques italiennes (Barilla, Combino) et françaises (Panzani, Lustucru) –, seules deux sont exemptes de cadmium : les penne sans gluten de Marque Repère (Leclerc) et celles de la marque U. Les pâtes au blé complet de Barilla affichent les teneurs les plus élevées, avec 0,071 mg/kg pour les spaghetti et 0,066 mg/kg pour les penne, dépassant largement la moyenne des autres produits analysés.

Les variations de contamination s’expliquent par l’origine des blés utilisés. Les marques françaises privilégient le blé tricolore, tandis que Barilla, multinationale, s’approvisionne en fonction des gammes et des marchés. Le cadmium, naturellement présent dans les sols, se retrouve ainsi dans les céréales et, par extension, dans les pâtes. Une réalité qui interroge sur l’efficacité des normes européennes, fixées à 0,18 mg/kg pour le blé dur – un seuil que les pâtes analysées ne dépassent pas, mais qui ne garantit pas une exposition sans risque.

Un métal lourd aux effets insidieux : accumulation et risques sanitaires

Le cadmium, classé substance cancérigène par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), s’accumule dans l’organisme, notamment dans les reins, et s’élimine très lentement. Une exposition chronique, même à faible dose, peut entraîner des problèmes de santé graves : toxicité pour la reproduction, effets mutagènes (défauts génétiques héréditaires), et risques accrus de cancers. Pour un enfant de 40 kg consommant cinq portions de pâtes par semaine, l’apport en cadmium représente déjà plus d’un cinquième de la dose hebdomadaire tolérable.

Le problème ne se limite pas aux pâtes. Le cadmium est également présent dans le pain, les pommes de terre, le chocolat et les flocons d’avoine, comme l’ont montré d’autres études. Une alimentation « normale » peut ainsi conduire à une exposition cumulative dépassant les seuils recommandés, sans que le consommateur puisse y remédier par des choix individuels.

Appel aux pouvoirs publics : faut-il revoir les normes ?

Face à cette contamination généralisée, 60 Millions de consommateurs interpelle les autorités sanitaires. Sylvie Metzelard, rédactrice en chef du magazine, souligne l’urgence d’agir : « Quand allons-nous considérer les problèmes de santé publique pour ce qu’ils sont et cesser de les invisibiliser ? » L’enjeu n’est pas seulement réglementaire, mais aussi économique et agricole. Les sols européens, de plus en plus pollués par les activités industrielles et agricoles, pourraient aggraver la situation à long terme.

Les seuils actuels, bien que respectés, ne prennent pas en compte l’effet cumulatif du cadmium dans l’alimentation. Une réévaluation des normes, ainsi qu’un renforcement des contrôles sur les matières premières, pourraient s’avérer nécessaires pour protéger les populations. En attendant, les consommateurs restent démunis : réduire sa consommation de pâtes ou privilégier certaines marques ne suffit pas à écarter le risque.

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