Les parlementaires d'Afrique centrale adoptent la Déclaration de Yaoundé pour sanctuariser le Bassin du Congo

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 23 lectures
Les parlementaires d'Afrique centrale adoptent la Déclaration de Yaoundé pour sanctuariser le Bassin du Congo

Réunis à Yaoundé du 22 au 24 septembre 2026, les parlementaires d'Afrique centrale ont acté un changement de paradigme pour la préservation du Bassin du Congo. En adoptant la Déclaration de Yaoundé, les élus s'engagent à fonder leurs décisions législatives et budgétaires sur des données scientifiques rigoureuses, tout en créant un mécanisme financier souverain pour mieux capter les fonds climatiques internationaux.

L'institutionnalisation de la science dans le processus législatif

Pour pallier la fragmentation des cadres juridiques, les législateurs ont décidé d'intégrer systématiquement l'expertise scientifique dans leur travail parlementaire. Cette réforme prévoit la création d'un tableau de bord dédié au suivi climat-forêts-biodiversité et l'instauration d'auditions annuelles obligatoires des chercheurs avant tout examen des lois de finances. Ce dispositif, porté par une collaboration étroite entre le REPAR, la COMIFAC et l'OFAC, vise à garantir que chaque décision politique soit étayée par des preuves factuelles, limitant ainsi les risques de dégradation irréversible des écosystèmes.

Création du CBFFF pour débloquer la finance climatique

Face à la complexité des procédures internationales et au manque de projets bancables, la Déclaration instaure le Congo Basin Forest Finance Facility (CBFFF). Cet instrument financier régional a pour mission de soutenir le Plan de convergence 2026-2035 de la COMIFAC. En plus de financer directement les politiques climatiques nationales, ce mécanisme déploiera une assistance technique pour aider les institutions locales à obtenir les accréditations nécessaires auprès des fonds mondiaux. Une exigence de transparence a été fixée, imposant aux gouvernements un rapport annuel sur l'utilisation réelle des fonds mobilisés.

Droits des populations et coalition intercontinentale

La transition écologique portée par les élus intègre une dimension sociale forte, garantissant une rétribution équitable aux communautés locales et aux peuples autochtones issus des crédits carbone. Sur le plan diplomatique, les parlementaires ont initié une alliance stratégique avec les bassins de l'Amazonie et de l'Asie du Sud-Est. Cette coalition vise à unifier la voix des trois grands poumons verts de la planète lors des négociations internationales, afin de peser davantage face aux bailleurs multilatéraux.

Un plaidoyer scientifique pour l'action

La publication du rapport L'État des Forêts d'Afrique Centrale 2025 a servi de base aux travaux, soulignant l'urgence d'aligner l'exploitation minière, l'agriculture et l'urbanisation sur des données probantes. Le document pointe trois défis majeurs : le déficit chronique de financement, la nécessité de renforcer la traçabilité des ressources et l'urgence de structurer des marchés carbone intègres. Le REPAR est désormais chargé de piloter le suivi de cette feuille de route, exhortant les banques de développement à assouplir leurs procédures pour répondre aux priorités stratégiques de la sous-région.

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