À l'approche de l'élection présidentielle de 2027, les principales organisations patronales françaises, le Medef et Les Entrepreneurs, somment les candidats de replacer les enjeux économiques au cœur de leurs programmes. Face à une dette publique préoccupante et une fiscalité jugée étouffante, les dirigeants d'entreprises appellent à une rupture avec les promesses électorales déconnectées des réalités productives.
La compétitivité comme levier de souveraineté
Pour Patrick Martin, président du Medef, la question centrale du prochain scrutin doit impérativement porter sur la capacité de la France à générer davantage de richesse. Selon lui, le financement de la protection sociale, le maintien de la souveraineté nationale et les opportunités offertes à la jeunesse dépendent directement de la vitalité des entreprises. Cette vision est partagée par Amir Reza-Tofighi, président des Entrepreneurs, qui insiste sur le lien direct entre la croissance, la capacité des entreprises à augmenter les salaires et la réduction de la dette de l'État.
Fiscalité et risques sur les finances publiques
Le patronat exprime une inquiétude marquée face à la dégradation des finances publiques. Amir Reza-Tofighi alerte sur le risque d'une crise économique majeure si la trajectoire de la dette et des taux d'intérêt n'est pas maîtrisée. Il dénonce une culture de « l'argent magique » qui pousserait les candidats à formuler des promesses irréalistes. En vue du budget 2027, les organisations patronales posent une ligne rouge claire : aucune augmentation des cotisations sociales, qu'elles soient salariales ou patronales, afin de garantir une stabilité indispensable à l'investissement.
Un agenda politique sous tension
Pour porter ces revendications, Les Entrepreneurs prévoient de lancer un tour de France dès le mois d'octobre afin d'élaborer des propositions concrètes. Cette mobilisation intervient dans un contexte personnel difficile pour Amir Reza-Tofighi, qui a annoncé être atteint d'un cancer. Le dirigeant a toutefois réaffirmé son engagement total, soulignant que la maladie ne constitue pas un frein à la prise de décision ou à la direction d'une organisation, tout en précisant que son agenda pourrait être adapté en fonction de ses traitements médicaux.