Une étude ghanéenne suggère que des aliments comme les oranges, les sardines ou les œufs pourraient atténuer les effets de la pollution atmosphérique sur les travailleurs exposés quotidiennement aux particules fines. Menée auprès de 307 vendeurs de rue à Accra, cette recherche montre que ces travailleurs, souvent contraints de respirer un air chargé en polluants, pourraient réduire significativement leurs symptômes grâce à une alimentation ciblée.
Des travailleurs en première ligne face à la pollution
Les vendeurs de rue, agents de circulation, commerçants et ouvriers du bâtiment à Accra passent des heures chaque jour dans des zones saturées de particules fines, comme Atomic Junction, Madina ou Kwame Nkrumah Circle. Selon les capteurs utilisés lors de l’étude, les niveaux moyens de PM2.5 – ces particules si petites qu’elles pénètrent dans les poumons et le sang – atteignaient 40 microgrammes par mètre cube, soit plus du double de la limite recommandée par l’Organisation mondiale de la santé (15 µg/m³).
Une alimentation protectrice : des résultats spectaculaires
Divisés en deux groupes, les participants ont suivi un régime enrichi en antioxydants pendant 12 mois. Ceux qui ont consommé régulièrement des oranges, des sardines, des œufs, des arachides et de l’huile de tournesol ont vu leurs symptômes liés à la pollution diminuer de manière frappante : -55 % de toux persistante, -60 % de difficultés respiratoires, -81 % de vertiges, et surtout, une réduction de 92 % des risques d’arythmie cardiaque. Les hospitalisations pour ces symptômes ont également chuté de 66 %.
Un remède partiel face à une crise sanitaire
Si ces résultats ouvrent une piste pour protéger les populations exposées, le professeur Kofi Amegah, qui a dirigé l’étude, insiste sur leurs limites : « Ce n’est pas une solution miracle. Les antioxydants aident à neutraliser les radicaux libres générés par la pollution, mais ils ne remplacent pas les réglementations sur la qualité de l’air. » Le chercheur appelle à une action combinée : port de masques, amélioration des régimes alimentaires *et* réduction des émissions à la source, notamment via des politiques publiques plus strictes contre les véhicules polluants, les brûlis et les activités industrielles.
Vers une stratégie globale de santé publique ?
Alors que le Ghana lutte contre une pollution atmosphérique en hausse – alimentée par les transports, les déchets brûlés et les combustibles domestiques –, cette étude souligne l’urgence d’une réponse multidimensionnelle. Pour les milliers de Ghanéens dont les revenus dépendent de leur présence dans les rues, l’accès à une alimentation riche en nutriments protecteurs pourrait devenir un levier complémentaire, en attendant que les autorités agissent sur les causes structurelles de la pollution.