La 76e session du Comité régional de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) pour l'Afrique s'est ouverte à Addis-Abeba, réunissant les responsables de la santé de 47 pays. Ce sommet stratégique vise à définir une nouvelle trajectoire pour les systèmes de santé africains, marquée par une volonté accrue d'autonomie face aux crises sanitaires et aux défis structurels persistants.
Vers une souveraineté sanitaire et financière
Le président éthiopien, Taye Atske Selassie, a ouvert les débats en appelant à une rupture avec la dépendance excessive à l'égard de l'aide extérieure. L'enjeu central pour les ministres présents est la sécurisation de financements durables dans un contexte de ressources limitées. Cette réflexion s'inscrit dans le cadre du projet « Une nouvelle ère de la santé pour l'Afrique : Action unie pour la Vision 2035 », qui prône une transformation numérique, un renforcement des soins de santé primaires et une appropriation accrue des programmes nationaux par les États eux-mêmes.
Renforcer la réponse aux urgences et aux épidémies
La sécurité sanitaire demeure une priorité absolue alors que le continent fait face à des menaces récurrentes, illustrées par l'épidémie d'Ebola en République démocratique du Congo. Les discussions portent sur la mise en place d'un cadre robuste pour les équipes médicales d'urgence nationales, afin d'accélérer la détection et la riposte face aux catastrophes et aux maladies infectieuses. Parallèlement, les délégués examinent des propositions pour pérenniser les infrastructures de surveillance et les laboratoires développés lors des campagnes d'éradication de la polio.
Gestion des ressources humaines et données de santé
La pénurie de personnel qualifié est au cœur de l'Agenda 2026–2035 pour la main-d'œuvre en santé, qui propose des mécanismes concrets pour la formation, le recrutement et la rétention des professionnels du secteur. Pour appuyer ces politiques, le comité étudie la création d'un Hub régional de données de santé. Cet outil numérique est conçu pour améliorer l'allocation des ressources et permettre une prise de décision fondée sur des preuves fiables, essentielle pour anticiper les chocs climatiques et les évolutions démographiques qui pèsent sur les systèmes de santé africains.