Les lunettes connectées Ray-Ban Meta font face à une controverse croissante après que des utilisateurs ont rapporté des enregistrements audio non sollicités. Ce dysfonctionnement technique, qui permet à l'appareil de capter et de retranscrire des conversations privées sans activation explicite, relance le débat sur la sécurité des données et le respect de la vie privée dans l'espace public.
Un dysfonctionnement technique généralisé
Le problème, identifié par plusieurs utilisateurs sur des plateformes communautaires, survient à la suite d'une mise à jour logicielle. Contrairement au fonctionnement habituel où l'appareil attend le mot-clé « Hey Meta » pour s'activer, les lunettes ont commencé à enregistrer des échanges anodins de manière autonome. Des propriétaires ont constaté que le voyant lumineux de notification, censé indiquer une captation en cours, s'activait alors qu'aucune commande vocale n'avait été formulée. Ce bug semble affecter indifféremment les modèles de deuxième et troisième générations, confirmant une faille systémique plutôt qu'un incident isolé.
La réponse de Meta face aux inquiétudes
Face à la multiplication des témoignages, Meta a d'abord préconisé des mesures restrictives, conseillant aux utilisateurs de désactiver les mises à jour automatiques, les fonctions d'enregistrement et la détection de port, réduisant ainsi l'usage de l'objet à celui de lunettes classiques. La firme a par la suite affirmé avoir déployé une correction pour résoudre ce problème, sans toutefois fournir de détails techniques précis sur l'origine de la faille. Cette opacité alimente le scepticisme des utilisateurs quant à la fiabilité réelle du dispositif.
Un enjeu de protection de la vie privée
Si les erreurs de détection vocale sont connues sur les enceintes connectées domestiques, l'utilisation de lunettes intelligentes déplace l'enjeu vers une dimension plus sensible. Contrairement à un appareil fixe, ces lunettes sont portées dans des espaces publics, exposant potentiellement des tiers à des enregistrements à leur insu. Cette capacité de captation mobile, couplée à l'analyse par l'intelligence artificielle, soulève des questions critiques sur le consentement et la protection des libertés individuelles, plaçant Meta sous une surveillance accrue des régulateurs et des citoyens préoccupés par l'usage de ces technologies portables.