À moins de quatre mois des élections générales de 2027, les représentants igbos, regroupés sous l’égide de l’Igbo Leaders of Thought (ILT), ont exigé la suspension temporaire du scrutin et la finalisation d’un processus de restructuration nationale avant mai 2027. Leur proposition inclut la création d’une fédération à dix régions fondées sur des critères ethno‑linguistiques, ainsi que la libération inconditionnelle du chef de l’Indigenous People of Biafra, Nnamdi Kanu.
Suspension des élections et échéancier proposé
L’ILT estime que la tenue du vote sans une réforme constitutionnelle approfondie risquerait d’ancrer davantage les tensions communautaires. Le groupe préconise donc que le processus de restructuration soit achevé avant mai 2027, période à l’issue de laquelle les élections pourraient reprendre, encadrées par les nouvelles règles découlant du nouveau découpage territorial. Cette suspension serait, selon les leaders, un « acte de nécessité » pour garantir la légitimité du futur cadre politique.
Un nouveau découpage en dix régions
Le plan présenté par les igbos propose de remplacer les États, les zones géopolitiques et les collectivités locales actuelles par dix régions – cinq côtières au Sud et cinq riveraines au Nord. Chaque région serait définie selon des regroupements ethno‑linguistiques, permettant ainsi à des groupes comme les Igbo d’obtenir une entité territoriale continue s’étendant de l’État d’Abia jusqu’à la côte atlantique, incluant également des parties d’Akwa Ibom, Bayelsa, Benue, Cross River, Edo et Kogi. Le contrôle des ressources naturelles serait transféré aux régions, qui financeraient le gouvernement central selon des modalités convenues.
Libération de Nnamdi Kanu comme condition de confiance
L’ILT a simultanément réclamé la mise en liste immédiate du dossier judiciaire de Nnamdi Kanu pour une audience accélérée, ainsi que son libération sans condition. Selon les porte‑paroles, la libération du leader du Biafra et la réhabilitation des prisonniers politiques constitueraient un premier pas vers la construction d’une confiance mutuelle indispensable aux négociations sur l’avenir du pays.
Réorganisation économique, sécuritaire et laïcité
Outre le redécoupage territorial, le groupe propose l’abolition de la liste législative concurrente, attribuant les compétences exclusives au niveau fédéral et les compétences résiduelles aux régions. Sur le plan économique, il prône un modèle mixte public‑privé favorisant la libre entreprise. En matière de sécurité, l’ILT envisage une réorganisation militaire et la création de polices régionales afin d’assurer un équilibre entre les nouvelles entités. Enfin, le texte souligne le souhait d’un État laïque, séparant clairement religion et affaires publiques.