Les leaders de Benue exigent le retour des déplacés avant tout projet de ranching fédéral

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 15 lectures
Les leaders de Benue exigent le retour des déplacés avant tout projet de ranching fédéral

Les trois principales organisations socio-culturelles de l'État de Benue, au Nigeria, rejettent catégoriquement le projet pilote de ranching proposé par le gouvernement fédéral, exigeant que le retour et la réinstallation des déplacés internes priment sur toute allocation de terres.

Un projet de ranching jugé prématuré dans un contexte de crise humanitaire

Les dirigeants des associations Mzough U Tiv (MUT), Ochetoha k’Idoma (OKI) et Omi Ny’Igede (ONI) ont exprimé leur opposition au projet de ranching fédéral, le qualifiant de « prématuré » dans un État où plus de 500 000 personnes vivent encore dans des camps de déplacés internes. Selon le président général de MUT Worldwide et porte-parole des organisations, l'Air Commodore Titus Agbecha (retraité), « les propriétaires des terres sont encore des réfugiés dans leur propre État ». Il souligne que des communautés entières subissent des attaques depuis plus de cinq ans, avec des villages détruits et des habitants tués ou déplacés.

Ranching et sécurité alimentaire : un équilibre à trouver

Bien que les leaders reconnaissent que le ranching moderne pourrait contribuer à réduire les incursions des éleveurs et améliorer la sécurité alimentaire, ils estiment que sa mise en œuvre ne doit pas se faire au détriment de la production agricole. Benue, surnommée le « grenier du Nigeria », joue un rôle clé dans l'approvisionnement alimentaire du pays. Les organisations mettent en garde contre les risques de « récompenser la violence et la spoliation » en allouant des terres pour des ranchs avant que les déplacés ne puissent rentrer chez eux. Elles insistent sur la nécessité de restaurer les communautés occupées et de rendre justice aux victimes avant toute initiative de ce type.

Conditions non négociables : consultation, consentement et priorité aux déplacés

Les associations exigent que le gouvernement fédéral fasse du retour et de la réinstallation des déplacés internes une priorité absolue, résumant leur position par le slogan : « La paix doit précéder les politiques ». Elles réclament également une consultation genuine des communautés locales, leur consentement explicite et une compensation équitable avant tout projet de ranching. Agbecha précise que le modèle doit être « volontaire, piloté par les communautés et ne pas menacer la production alimentaire ». En attendant, il appelle les habitants de Benue à rester calmes et à respecter la loi, tout en promettant un dialogue continu avec les autorités.

Un appel à la justice et à la reconstruction avant toute nouvelle politique

Le rejet du projet de ranching s'inscrit dans un contexte plus large de revendications pour la sécurité des agriculteurs et la justice dans un État marqué par des décennies de conflits agropastoraux. Les leaders rappellent que « pour que le Nigeria soit en sécurité alimentaire, les agriculteurs de Benue doivent d'abord être en sécurité sur leurs terres ». Leur position reflète une volonté de voir les politiques publiques s'adapter aux réalités humanitaires locales, plutôt que l'inverse.

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