Les jeunes Ghanéens, réunis lors d’une conférence nationale, exigent que 40 % du budget annuel d’adaptation climatique soit alloué aux quatre régions du Nord, les plus exposées aux effets du changement climatique. Portée par des étudiants, des agriculteurs et des entrepreneurs, cette revendication s’inscrit dans un plaidoyer plus large pour une justice climatique et une meilleure représentation des jeunes dans les décisions. Leur déclaration, adoptée lors de la LCOY Ghana 2026, sera présentée aux autorités avant la COP31.
Un cri d’alarme pour les régions les plus vulnérables
Les jeunes participants, issus de toutes les régions du pays, soulignent que les communautés du Nord – Upper East, Upper West, Northern et Savannah – subissent de plein fouet les conséquences du dérèglement climatique : sécheresses prolongées, inondations et dégradation des sols. Leur demande de 40 % du budget climatique vise à corriger un déséquilibre historique, où les fonds alloués ne reflètent pas toujours les besoins réels des populations les plus touchées.
Pour garantir une utilisation transparente des ressources, ils proposent la mise en place de « tableaux de bord communautaires » permettant de suivre l’arrivée des fonds jusqu’aux bénéficiaires finaux.
Une feuille de route ambitieuse pour les jeunes et l’écologie
Au-delà de l’allocation budgétaire, la déclaration nationale des jeunes formule cinq autres revendications majeures. Parmi elles, la création d’un fonds de 5 millions de dollars pour soutenir les entreprises vertes dirigées par des jeunes dans tout le pays, ainsi que la création de 50 000 emplois verts d’ici 2030, avec une attention particulière pour les femmes et les jeunes du Nord.
Les signataires réclament également une représentation minimale de 30 % des jeunes dans les instances décisionnelles climatiques, y compris la délégation ghanéenne à la COP31. Une autre mesure phare consiste à reconnaître officiellement le Conseil climatique des jeunes du Ghana, lui conférant un pouvoir de révision des lois environnementales et un droit de réponse formel de l’État.
Des mécanismes de suivi pour éviter l’oubli
Conscients des risques de non-application de leurs revendications, les délégués se sont engagés à publier un bilan public de l’avancement de leurs demandes dans un délai de six mois. Chaque région devra désigner un « ambassadeur climatique » chargé de veiller au suivi et de relayer les préoccupations locales. Cette initiative s’inscrit dans une dynamique de redevabilité, essentielle pour transformer les promesses en actions concrètes.
La déclaration, qui sera officiellement présentée au Parlement et aux ministères concernés, pourrait influencer les négociations climatiques internationales en amont de la COP31. Elle marque ainsi une étape clé dans l’émergence d’une génération africaine déterminée à façonner l’avenir environnemental de son continent.