Face à l’abandon des pouvoirs publics, les jeunes de Dagom-Koom, dans la province du Koulpélogo au Burkina Faso, ont pris l’initiative de réhabiliter eux-mêmes un tronçon routier essentiel reliant leur village au chef-lieu de la commune, rendu impraticable par les intempéries.
Une route en lambeaux, un quotidien paralysé
L’axe routier reliant Dagom-Koom à Sangha, chef-lieu de la commune, est devenu un véritable casse-tête pour les habitants et les usagers. Les pluies diluviennes ont creusé des nids-de-poule profonds et emporté des portions de chaussée, transformant un trajet quotidien en parcours du combattant. Les véhicules, les motos et même les piétons peinent à circuler, tandis que les commerçants et les agriculteurs voient leurs échanges et leurs déplacements ralentis. Cette dégradation, qui s’aggrave chaque saison des pluies, illustre le manque criant d’entretien des infrastructures locales par les autorités compétentes.
La jeunesse en première ligne pour une solution collective
Samedi 22 août 2026, plus d’une centaine de jeunes du village se sont mobilisés spontanément pour remédier à cette situation. Armés de pelles, de brouettes et de pierres, ils ont entrepris de colmater les trous les plus critiques et de renforcer les zones érodées. Leur action, bien que modeste, a rapidement attiré l’attention des passants, qui ont rejoint l’effort en apportant leur soutien logistique ou en participant activement aux travaux. Cette mobilisation, portée par un esprit de solidarité, dépasse le simple cadre de la réparation routière : elle incarne une volonté de prendre en main le développement de leur communauté, souvent laissée pour compte par les politiques publiques.
Un geste symbolique aux répercussions multiples
« Nous ne pouvons plus attendre que l’État agisse à notre place », déclarent les organisateurs, soulignant que cette initiative est aussi une réponse à l’inaction prolongée des autorités locales. Au-delà de l’amélioration immédiate des conditions de circulation, cette action renforce les liens sociaux au sein du village et encourage d’autres formes de participation citoyenne. Les jeunes de Dagom-Koom envisagent déjà d’étendre leurs efforts à d’autres projets communautaires, comme la réfection de points d’eau ou la création d’espaces de rencontre. Cette dynamique pourrait inspirer d’autres localités confrontées à des défis similaires, où les populations se tournent vers l’autogestion pour combler les lacunes des services publics.
Un appel à l’État et une leçon de civisme
Si l’initiative est saluée par les habitants, elle pose aussi la question de la responsabilité des pouvoirs publics. Les jeunes de Dagom-Koom rappellent, par leur action, que le développement local ne peut reposer uniquement sur l’engagement citoyen. Leur mobilisation met en lumière l’urgence d’une politique d’entretien des infrastructures, notamment dans les zones rurales où les routes sont souvent négligées. Cette affaire pourrait servir de catalyseur pour une prise de conscience collective sur la nécessité d’investir dans des solutions durables, plutôt que de compter sur des réparations ponctuelles et improvisées.