Plus de 500 ingénieurs géologues et miniers sénégalais entendent désormais peser sur les orientations stratégiques du secteur extractif national. Réunis au sein d'une amicale professionnelle, ces experts plaident pour une implication accrue dans les processus décisionnels, arguant que leur expertise technique est indispensable pour garantir une gestion optimale des ressources naturelles au profit du développement du pays.
Une expertise technique sous-utilisée
Le Docteur Ibrahima Diao, président de l'association, souligne un paradoxe persistant : bien que les ingénieurs géologues interviennent à chaque étape de la chaîne de valeur, de la prospection initiale à l'exploitation, ils restent historiquement tenus à l'écart des grandes discussions politiques et stratégiques. Cette mise à l'écart limite la portée de leur contribution, alors même que le pays dispose d'une masse critique d'experts formés localement, capables d'apporter une vision technique rigoureuse aux autorités compétentes.
Le levier du contenu local pour le développement
Au cœur des revendications de l'amicale se trouve l'enjeu du contenu local. Pour ces professionnels, la valorisation des ressources minières ne peut se dissocier d'une appropriation nationale des compétences et des retombées économiques. Le Dr Diao qualifie cet engagement de « devoir moral », insistant sur la nécessité de transformer le secteur extractif en un moteur de développement durable. L'objectif est clair : faire en sorte que l'exploitation des richesses du sous-sol profite directement aux populations sénégalaises grâce à une meilleure intégration des cadres nationaux dans les projets miniers.
Capitaliser sur l'expérience historique
Pour légitimer leur rôle de force de proposition, les ingénieurs s'appuient sur un héritage concret. Le président de l'amicale rappelle que les premières découvertes aurifères majeures sur le territoire national sont le fruit du travail d'ingénieurs sénégalais. Ces pionniers, aujourd'hui regroupés au sein d'un « comité des sages », assurent désormais la transmission des savoirs aux jeunes générations. Cette continuité entre l'expérience historique et les nouvelles compétences techniques constitue, selon l'association, un atout stratégique que l'État doit impérativement mobiliser pour renforcer la souveraineté économique du Sénégal dans le domaine minier.