Un rapport publié le 24 août 2026 par le think‑tank américain The Century Foundation montre que le mouvement houthi, soutenu par l’Iran, développe un réseau d’alliés, de relais logistiques et de flux d’armement dans plusieurs pays de la Corne de l’Afrique, renforçant ainsi sa capacité à influencer le golfe d’Aden et le détroit de Bab el‑Mandeb.
Alliance avec les shebabs en Somalie : au‑delà de la contrebande d’armes
En Somalie, les Houthis ne se limitent plus à la simple contrebande d’équipements militaires. Le rapport indique qu’ils ont établi des liens avec les shebabs, groupe jihadiste qui contrôle aujourd’hui près de 20 % du territoire somalien. Cette coopération se traduit par la fourniture d’armes et de formations aux shebabs, en échange de relais logistiques, de renseignements locaux et d’un accès élargi aux routes maritimes du golfe d’Aden. Cette synergie renforce la présence houthi dans une zone déjà instable et crée un nouveau vecteur de diffusion d’influence iranienne en Afrique de l’Est.
Djibouti, plaque tournante de la contrebande maritime
Le port de Djibouti, situé à l’entrée du détroit de Bab el‑Mandeb, est devenu un point névralgique pour le transit de composants militaires destinés au Yémen. Les Houthis y ont mis en place une cellule de contrebande utilisant des sociétés écrans pour réceptionner des cargaisons en conteneurs. Ces marchandises sont ensuite réexpédiées vers le Yémen à bord de boutres, une méthode qui complique les interceptions par les forces navales internationales. Cette exploitation des infrastructures commerciales djiboutiennes permet aux Houthis de contourner l’embargo sur les armes imposé à leur mouvement.
Expansion vers le Soudan et l’Érythrée : une ambition régionale
Au-delà de la Somalie et de Djibouti, le document signale des tentatives d’implantation au Soudan et en Érythrée. Bien que les activités dans ces deux États restent moins détaillées, leur mention traduit la volonté des Houthis de consolider une chaîne logistique couvrant l’ensemble de la Corne de l’Afrique. Un tel réseau offrirait des routes alternatives pour le transport d’armes, de fonds et de renseignements, tout en augmentant la capacité du groupe à projeter son influence au-delà du Yémen.