La prise du port stratégique de Mokha par les forces houthies, couplée à l'occupation de l'île de Périm, modifie l'équilibre des forces sur la côte ouest du Yémen. Cette avancée territoriale place désormais les Houthis en position de contrôle sur le détroit de Bab el-Mandeb, un point de passage névralgique pour le commerce maritime mondial reliant l'Asie à l'Europe.
Une progression militaire sur la côte ouest
Après des affrontements intenses, les forces houthies ont pris le contrôle de la ville portuaire de Mokha, poussant les unités pro-gouvernementales à se replier. Le commandant des Forces de résistance nationale, Tarek Salah, a confirmé le déplacement de son centre de commandement vers une zone jugée plus sûre, tout en dénonçant une offensive soutenue par l'Iran. Parallèlement, les Houthis ont étendu leur emprise en occupant l'île de Périm, située au cœur du détroit de Bab el-Mandeb, ainsi que l'île de Zuqar, renforçant ainsi leur présence dans le corridor maritime de la mer Rouge.
Conséquences pour la navigation et les échanges
Si les autorités houthies ont affirmé que la navigation internationale ne serait pas menacée, elles maintiennent un embargo strict sur les navires saoudiens. Cette posture s'inscrit dans un contexte de tensions accrues : les Houthis ont récemment multiplié les attaques de drones et de missiles contre des infrastructures pétrolières et des villes du sud de l'Arabie saoudite. En réponse, la coalition dirigée par Riyad a intensifié ses frappes aériennes sur plusieurs provinces yéménites, dont Taiz et Hudaydah, exacerbant une situation humanitaire déjà critique pour les populations civiles locales.
Appels à la sécurisation des côtes
Face à cette dégradation rapide, Rashad al-Alimi, à la tête du Conseil présidentiel de direction, a lancé un appel urgent à la communauté internationale et aux États arabes pour protéger les côtes yéménites et restaurer l'autorité de l'État. La situation sur le terrain reste volatile, marquée par un exode massif de familles fuyant vers Aden. L'effritement du cessez-le-feu informel, en vigueur depuis quatre ans, laisse craindre une intensification durable du conflit dans cette zone maritime vitale, où les enjeux de souveraineté territoriale se heurtent désormais frontalement aux impératifs de sécurité énergétique régionale.