Les rebelles houthis ont dénoncé une frappe aérienne saoudienne sur la prison centrale d'al‑Hazm, dans le nord du Yémen, qui aurait fait sept victimes, dont un enfant, et blessé au moins sept personnes. Cette accusation s’inscrit dans une escalade des combats entre les forces soutenues par Riyad et le gouvernement yéménite reconnu internationalement.
Frappe présumée sur la prison centrale d'al‑Hazm
Selon le ministère de la Santé dirigé par les Houthis, l’attaque a visé le Central Corrective Facility d’al‑Jawf, à proximité de la frontière saoudienne. Le bilan communiqué indique sept morts, parmi lesquels un enfant, et au moins sept blessés, dont une femme. La chaîne Al Masirah TV, contrôlée par les Houthis, a diffusé des images montrant un bâtiment effondré et des civils fouillant les décombres pour retrouver des survivants.
Réactions et accusations des Houthis
Le porte‑parole houthi Yahya Saree a qualifié l’action de « massacre » et a reproché à l’Arabie Saoudite d’utiliser des drones de reconnaissance et de fournir des mercenaires en armement. Il a également affirmé que les Houthis avaient abattu quatre drones saoudiens au cours des vingt‑quatre dernières heures, dont un modèle CH‑4, décrivant cet appareil comme le deuxième du même type abattu en douze heures. En parallèle, Al Masirah a publié des séquences montrant des missiles balistiques tirés par les Houthis contre des camions de ravitaillement saoudiens à un poste frontière de la province du Hadramout. Riyad n’a pas commenté ces allégations.
Contexte du regain de violence au Yémen
Les accusations émergent alors que les affrontements entre les Houthis et les forces du gouvernement yéménite, soutenues par la coalition saoudienne, se sont intensifiés. Le gouvernement a annoncé d’importants gains territoriaux dans les provinces d’al‑Jawf, Bayda, Dahle et Marib, tandis que ses troupes menaient des contre‑offensives à Taïz et à Hodeïda après une offensive houthi visant à contrôler le détroit stratégique de Bab al‑Mandeb. Selon les rapports, plusieurs centaines de personnes ont péri au cours des dernières 24 heures. Les frappes aériennes sur des établissements pénitentiaires ne sont pas nouvelles dans ce conflit ; la coalition a déjà touché une prison à Saada en 2022 (87 morts, 266 blessés) et une autre à Dhamar en 2019 (plus de 100 morts).