Les gouverneurs des sept États du Nord-Ouest du Nigeria ont présenté, en marge de la 81e Assemblée générale des Nations Unies à New York, un cadre stratégique ambitieux pour la période 2026-2030. Ce plan régional vise à articuler des mesures sécuritaires avec des investissements ciblés dans l'économie et les services sociaux pour endiguer la crise qui fragilise cette zone stratégique.
Une approche intégrée face à l'insécurité
Le gouverneur de l'État de Katsina et président du Forum des gouverneurs du Nord-Ouest, Dikko Radda, a souligné que la réponse sécuritaire ne peut être efficace si elle est isolée. Le cadre adopté par les États de Jigawa, Kaduna, Kano, Katsina, Kebbi, Sokoto et Zamfara repose sur une conviction : la stabilisation doit impérativement s'accompagner d'opportunités économiques pour lutter contre la pauvreté et le chômage, facteurs aggravants des déplacements de populations. Des attaques récentes, notamment en août 2026, ont rappelé l'urgence de cette situation, avec des milliers de personnes déplacées enregistrées par l'Organisation internationale pour les migrations.
Priorités sectorielles pour attirer les capitaux
Le programme cible des secteurs à fort potentiel de transformation locale, tels que l'agriculture, l'élevage, les énergies renouvelables, les infrastructures commerciales et la technologie. L'objectif est de créer un environnement propice à l'investissement privé tout en mobilisant l'aide publique au développement. Le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), qui a soutenu l'élaboration de ce cadre avec l'appui financier de l'Allemagne, s'est engagé à accompagner les États dans la structuration de projets bancables capables de séduire les institutions financières internationales.
Un enjeu de stabilité régionale
La vice-secrétaire générale de l'ONU, Amina Mohammed, a insisté sur le rôle crucial du Nord-Ouest nigérian dans la production alimentaire et le commerce national. L'instabilité de cette région dépasse les frontières des sept États concernés et impacte l'économie globale du pays. Pour réussir, les gouverneurs misent désormais sur une meilleure coordination inter-États, le renforcement des institutions locales et la mise en place de mécanismes de redevabilité stricts, essentiels pour instaurer la confiance auprès des investisseurs et des partenaires au développement.