Les géants européens des télécoms s'unissent pour contrer l'hégémonie de Starlink

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 23 lectures
Les géants européens des télécoms s'unissent pour contrer l'hégémonie de Starlink

Face à l'expansion fulgurante de SpaceX, les principaux opérateurs européens de télécommunications envisagent de former un front commun. Orange, Deutsche Telekom, Vodafone et Telefónica discutent de la création d'un consortium pour répondre aux futurs appels d'offres sur le spectre satellite européen, cherchant ainsi à préserver leur souveraineté technologique face à Starlink Mobile.

Une réponse stratégique à la domination de SpaceX

La montée en puissance de l'entreprise d'Elon Musk est devenue une préoccupation majeure pour les acteurs historiques du secteur. Avec plus de 10 200 satellites en orbite basse et une base de 12 millions d'abonnés actifs, Starlink s'impose comme un acteur incontournable. Son service de connexion directe aux smartphones, Starlink Mobile, affiche des ambitions de croissance rapide, visant les 25 millions d'utilisateurs d'ici la fin de l'année. En s'appuyant sur des partenariats locaux, SpaceX contourne les barrières réglementaires nationales, une stratégie que les opérateurs européens espèrent désormais contrer par une action concertée.

Le nouveau cadre réglementaire de Bruxelles

La Commission européenne a initié une procédure de sélection unique pour l'attribution des licences de la bande 2 GHz, essentielles pour la connectivité satellite directe. À l'expiration des droits actuels en mai 2027, Bruxelles prévoit de diviser cette ressource en trois parts égales : un tiers pour un acteur sous contrôle européen, un tiers pour la constellation souveraine IRIS² — portée par SES, Eutelsat et Hispasat — et un tiers ouvert à la concurrence internationale. Ce découpage, contesté par SpaceX, vise explicitement à garantir une place de choix aux entreprises européennes sur ce segment stratégique.

Les défis d'une alliance complexe

La formation de ce consortium se heurte toutefois à des intérêts divergents au sein même des opérateurs européens. Vodafone, par exemple, est déjà engagé dans une coentreprise avec l'américain AST SpaceMobile, ce qui nécessiterait une restructuration profonde pour respecter les critères de contrôle européen exigés par la Commission. De son côté, Deutsche Telekom a noué un partenariat avec Starlink pour couvrir les zones blanches dès 2028. Si aucune décision formelle n'a encore été actée, la volonté de ces groupes de s'allier souligne l'urgence de sécuriser des infrastructures critiques face à la dépendance croissante vis-à-vis des solutions satellitaires extra-européennes.

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