Les géants de la tech, Google, Meta et TikTok, ont engagé une bataille judiciaire contre une nouvelle législation californienne visant à restreindre les fonctionnalités addictives des réseaux sociaux pour les mineurs de moins de 16 ans. Ce texte, qui doit entrer en vigueur le 1er janvier, impose l'interdiction des fils d'actualité personnalisés et de la lecture automatique, même avec le consentement parental, sous peine d'amendes pouvant atteindre 50 000 dollars par utilisateur concerné.
Une offensive juridique au nom du premier amendement
Dans leurs plaintes déposées devant la justice fédérale, les trois entreprises invoquent le premier amendement de la Constitution américaine, arguant que ces restrictions portent atteinte à la liberté d'expression. Les plateformes soutiennent que la loi leur impose un choix impossible : renoncer à leurs droits constitutionnels ou procéder à l'exclusion pure et simple des utilisateurs de moins de 16 ans, faute de pouvoir techniquement désactiver ces fonctionnalités de manière sélective. Google dénonce par ailleurs une ingérence de l'État qui, selon le groupe, se substituerait au contrôle parental sur les contenus consommés par les mineurs.
Le modèle économique face aux impératifs de protection
La législation californienne, portée par le gouverneur Gavin Newsom, cible directement les mécanismes de rétention des utilisateurs. Pour les défenseurs de la loi, comme l'ONG Heat Initiative, cette contestation est une manœuvre défensive visant à protéger des modèles économiques fondés sur le temps de navigation prolongé. Les plateformes, de leur côté, contestent l'existence d'un lien scientifique avéré entre les recommandations algorithmiques et les préjudices subis par les jeunes, affirmant que les preuves produites par l'État restent insuffisantes.
La stratégie des outils de régulation internes
Face à cette pression législative, les géants du numérique mettent en avant leurs propres dispositifs de contrôle. Meta rappelle ses récents engagements, incluant des limites de temps d'utilisation et des restrictions horaires nocturnes, tandis que TikTok et YouTube soulignent l'existence de paramètres par défaut limitant la lecture automatique ou le temps d'écran. Ces mesures interviennent dans un contexte judiciaire tendu, marqué par une multiplication des plaintes aux États-Unis contre les réseaux sociaux, accusés de favoriser l'addiction chez les jeunes utilisateurs.