Les industriels du snacking réorientent leurs gammes vers la texture, un levier sensoriel devenu aussi décisif que le goût. Sous l’effet des réseaux sociaux et d’une quête de nouvelles sensations, les marques comme Mondelez et Mars lancent des produits qui associent croustillant, fondant ou moelleux pour capter l’attention des consommateurs. Cette dynamique redéfinit les priorités de R&D et les stratégies marketing du secteur.
Une course à la sensation tactile
Les plateformes numériques ont amplifié la visibilité des expériences alimentaires, les vidéos de dégustation mettant en avant le bruit du craquement ou la douceur d’une bouchée. Les marques perçoivent alors la texture comme un vecteur d’engagement : un snack qui « crisse » ou « fond » suscite davantage de partages, de commentaires et, in fine, de ventes. Cette tendance pousse les départements de recherche à investir dans des procédés de fabrication capables de moduler la porosité, la densité ou la friabilité des produits, tout en conservant les exigences de conservation et de coût.
Produits phares illustrant la nouvelle stratégie
Mondelez a introduit une tablette de chocolat Dairy Milk fourrée de biscuits Lotus Biscoff, mariant le crémeux du chocolat à la légèreté croquante du biscuit. Mars, de son côté, propose les Skittles Gummy Crystals, où de minuscules éclats croquants sont intégrés à des bonbons gélifiés, ainsi que la version « Extra Crunchy » de ses crackers Cheez‑It, renforçant le contraste entre le fromage fondant et le craquement prononcé. Ces lancements montrent comment les acteurs majeurs utilisent la texture pour différencier leurs offres dans un marché saturé, tout en capitalisant sur la curiosité des consommateurs.
Enjeux et perspectives pour l’industrie du snacking
Cette orientation vers la texture implique plusieurs défis. D’une part, les chaînes d’approvisionnement doivent s’adapter à de nouveaux ingrédients (agents texturants, revêtements spéciaux) et à des procédés de cuisson ou de refroidissement plus complexes. D’autre part, les régulateurs surveillent de près l’impact nutritionnel de ces innovations, notamment lorsqu’elles entraînent l’ajout de sucres ou de graisses pour obtenir le croquant recherché. Enfin, la concurrence s’intensifie : chaque nouveauté texturale devient rapidement un standard à dépasser, incitant les entreprises à accélérer leurs cycles d’innovation et à renforcer leurs collaborations avec des start‑ups spécialisées en science des aliments. À moyen terme, la texture pourrait s’inscrire comme un critère clé dans les études de préférence des consommateurs, influençant les décisions d’achat au même titre que le prix ou la composition nutritionnelle.