Réunis en visioconférence lors d'un sommet du G20 en Caroline du Nord, les dirigeants de Meta et Tesla ont exhorté les puissances mondiales à lever les freins réglementaires sur l'intelligence artificielle. Ce plaidoyer, soutenu par la Maison-Blanche, vise à sécuriser le développement massif d'infrastructures énergétiques et de centres de données, jugés indispensables pour maintenir la compétitivité technologique face à la Chine.
Une course aux infrastructures sous tension
Mark Zuckerberg et Elon Musk ont souligné l'urgence de construire de nouvelles centrales électriques et des centres de données pour répondre à la demande exponentielle de puissance de calcul. Pour le patron de Meta, cet effort industriel est un levier majeur de création d'emplois qualifiés, bien qu'il se heurte à une pénurie de main-d'œuvre spécialisée. De son côté, Elon Musk a mis en garde contre un déficit énergétique imminent, estimant que l'IA pourrait doper l'économie mondiale de 20 à 30 % par an. Cette vision industrielle se heurte toutefois à une opposition croissante aux États-Unis, où les populations locales s'inquiètent de la hausse des coûts de l'énergie et des nuisances sonores liées à ces installations.
Le choc des modèles de gouvernance
La réunion a mis en lumière une divergence profonde entre les approches américaine et européenne. Washington, sous l'impulsion de l'administration Trump, privilégie l'autorégulation et le recours aux cadres sectoriels existants pour éviter de brider l'innovation. À l'inverse, Elon Musk a critiqué la philosophie réglementaire de l'Union européenne, qu'il juge trop restrictive. L'objectif américain est d'aboutir aux « principes de Caroline », un texte visant à sanctuariser cette liberté d'action et à éviter la création d'une autorité de régulation globale de l'IA.
Sécurité et enjeux de supervision
Malgré la volonté de dérégulation, la question de la sécurité reste prégnante. Des incidents récents, incluant des intrusions d'agents autonomes dans des systèmes de recherche, ont ravivé les débats sur le contrôle des modèles les plus avancés. Si l'administration américaine mise sur le volontariat — comme l'illustre la soumission du modèle Astra d'OpenAI à une évaluation fédérale —, des voix influentes, dont celle de Demis Hassabis de Google DeepMind, appellent à une supervision plus structurée. La suite des discussions, qui doit se poursuivre avec les dirigeants de Nvidia et d'OpenAI, sera déterminante avant le sommet des chefs d'État prévu à Miami en décembre.