Les gardes communautaires de l’État de Zamfara (Askarawan Zamfara) ont présenté hier à Gusau neuf personnes arrêtées lors d’opérations d’intelligence menées dans tout l’État. Parmi les détenus figurent des bandits, des fournisseurs logistiques, un médecin qui soignait les insurgés et un individu se faisant passer pour avocat.
Une opération d’intelligence aboutit à la parade de neuf suspects à Gusau
Le commandant à la retraite, ancien inspecteur‑général Shehu Dalijan, a expliqué que les arrestations résultaient d’une série d’enquêtes ciblées, alimentées par des aveux recueillis auprès d’individus infiltrés dans plusieurs camps criminels. Les neuf personnes ont été exhibées publiquement, soulignant la capacité des forces locales à pénétrer les réseaux de banditisme qui sévissent dans le nord‑ouest du pays.
Des révélations sur le financement du banditisme
Parmi les détenus, le jeune de 20 ans Abubakar Malan Ori a avoué avoir passé plusieurs mois au sein du camp du redouté chef de bande Kachalla Gwaska. Il a détaillé des opérations menées non seulement dans les États de Zamfara, Kaduna et Niger, mais aussi au Niger voisin. Ori a indiqué que les ravisseurs avaient perçu plus de 226 millions de nairas en rançons, un chiffre qui illustre l’ampleur des ressources financières mobilisées par ces groupes.
Démantèlement des soutiens logistiques et médicaux du réseau
Le dispositif a également permis d’appréhender Ibrahim Mafindi Titus, qualifié de « médecin des bandits », qui fournissait des soins aux combattants blessés à l’aide de matériel médical importé. D’autres suspects, dont Mamman Haruna et Aliyu Lawali, ont reconnu leur rôle dans d’importants braquages de bétail et des attaques coordonnées avec d’autres chefs de bande. Le groupe comprenait aussi des courtiers, des fournisseurs de drogues et un imposteur, Mustapha Muhammed, qui aurait extorqué de l’argent à un proche d’un détenu devant le quartier général de la garde communautaire.
Impacts et perspectives pour la sécurité régionale
Ces arrestations constituent un coup dur pour les structures de soutien du banditisme dans le nord‑ouest nigérian, en particulier en perturbant les chaînes d’approvisionnement et les flux financiers. Les autorités locales espèrent que la mise au jour de ces réseaux incitera d’autres membres à coopérer, renforçant ainsi la lutte contre l’insécurité qui affecte les populations civiles et freine le développement économique de la région.