Le rapatriement de la dépouille de Ratko Mladić, condamné pour génocide et crimes contre l'humanité, place le gouvernement serbe sous une pression diplomatique intense. Les instances européennes avertissent que la gestion de ces funérailles constitue un indicateur déterminant de l'alignement de Belgrade sur les valeurs fondamentales de l'Union européenne.
Un signal politique scruté par Bruxelles
La commissaire européenne à l’Élargissement, Marta Kos, a qualifié le traitement réservé à la dépouille de l'ancien chef militaire de « test très important » pour l'avenir européen de la Serbie. En réaction aux préparatifs entourant les obsèques, la commissaire a annulé sa visite prévue dans le pays, soulignant que la glorification d'un criminel condamné est incompatible avec les standards du bloc. Cette position est partagée par plusieurs États membres, dont la Belgique et la Croatie, qui voient dans tout hommage officiel une rupture avec les principes de dignité humaine et de lutte contre l'impunité.
L'enjeu des honneurs d'État
Alors que le ministre serbe de la Justice avait initialement évoqué des funérailles avec les honneurs d'État, le président Aleksandar Vučić a depuis nuancé ces propos, affirmant que la famille déciderait des modalités. Toutefois, la présence du cercueil dans un avion gouvernemental et son transport par des soldats ont déjà suscité des réactions fermes. Les responsables européens, dont le ministre irlandais des Affaires européennes Thomas Byrne, ont clairement signifié que toute participation de hauts responsables gouvernementaux aux cérémonies serait jugée inacceptable.
Conséquences sur le processus d'adhésion
La gestion de cet événement pourrait durablement fragiliser le soutien des États membres à la candidature serbe. Des sources diplomatiques indiquent qu'un climat de méfiance s'installe au sein de la Commission européenne, rendant improbable toute avancée rapide dans les négociations, notamment sur l'ouverture du « Cluster 3 » relatif à la compétitivité. Avec un taux d'alignement sur la politique étrangère et de sécurité commune de l'UE plafonnant à 60 %, la Serbie se trouve dans une position délicate où chaque geste symbolique est désormais scruté comme une preuve de sa volonté réelle d'intégration au bloc européen.